« lectures nocturnes | Page d'accueil | Vie et mort de Guy Carlier »
26/10/2004
palmarès des écrivains
petite liste dans le désordre, parce que j'aime bien les listes
(quoique non...je vais faire cette liste dans l'ordre chronologique de mes découvertes)
(et puis des listes de livres, c'est idiot, mieux vaut une liste d'écrivains)
-jules verne. Je n'ai jamais su si "Verne" prenait un "s" ou non. A chaque fois que j'écris ce nom, je me pose la question.
Dépassé le stade des bibliothèques roses (passons sur les vertes, que j'ai toujours trouvé inintéressantes au possible), je ne fais pas preuve d'originalité en mettant Jules comme auteur de mon enfance. Outre l'histoire (qui a souvent ses faiblesses, comme en témoignent ces interminables pages descriptives ("comme chacun sait, la Birmanie, qui possède deux millions d'habitants, etc.")), j'aimais les magnifiques dessins en noir et blanc, les sous-bassements scientifiques et l'exotisme des lieux (notamment la Russie de Michel Stroggoff et l'Islande de Voyage au centre de la Terre).
-isaac asimov : découvert en 1990, après une adolescence exclusivment consacrée à la lecture de journaux et de bandes dessinées. Asimov marqua mon retour à la littérature, même si ce mot associé à cet auteur de science-fiction peut faire ricaner les snobs.
Inspiré par Gibbon, ses quinzes romans (unifiés dans sa vieillesse) décrivant l'histoire du futur laissent une très grande place au dialogue, et aucune au manichéisme. Chaque camp, qui défend son option politique, présente des arguments cohérents. Mêler intrigue policière et situation politique rend la lecture palpitante, même si le côté matérialiste d'Asimov est parfois agaçant.
Inspiré par Gibbon, ses quinzes romans (unifiés dans sa vieillesse) décrivant l'histoire du futur laissent une très grande place au dialogue, et aucune au manichéisme. Chaque camp, qui défend son option politique, présente des arguments cohérents. Mêler intrigue policière et situation politique rend la lecture palpitante, même si le côté matérialiste d'Asimov est parfois agaçant.
-Eric Neuhoff. 1992 : lassé de la gauche, me cherchant une identité, je cherche des auteurs de droite dans toutes les bibliothèques de Brest. Je lis alors Tillinac (qui décrit la magie du voyage mieux que personne), Jean Cau, Jean Dutourd, Patrick Besson (bien meilleur chroniqueur que romancier), mais Eric Neuhoff les surpasse tous. Avec le recul, je vois bien les limites de son style néo-hussard, mais si nombre s'y sont essayé, il est le seul a avoir réussi. les hanches de Laetitia est vraiment le roman de mes vingt ans.
par contre, les hussards historiques (nimier et cie) me laissent complètement froid. Ils m'agacent aussi, parfois. Je n'aime pas l'ironie. Du tout.
-Charles Maurras. janvier 1994 : bonapartiste fervent depuis 1992, et toujours gaulliste, je déniche à la BU la république ou le roi, dialogue épistolaire entre Barrès le césariste et maurras le royaliste. Les arguments tranchants de maurras ne laissent de mon césarisme que des décombres ou triomphe, drapeau fleurdelysé en main, le maître de Martigues.
-le même mois, je découvre l'auteur populaire stephen king, dont je lirai et relirai les romans avec un plaisir renouvelé. Aucun autre écrivain ne sait aussi bien que lui "raconter une histoire" et donner envie de tourner la page. En outre, c'est une bonne étude de la société américaine de la middle-class de la Nouvelle-Angleterre d'u point de vue "démocrate-populiste" (du genre à voter Clinton, mais à être agacé par les péronelles féministes de Manhattan)
-Georges Bernanos. en 1995, je découvre la grande peur des biens-pensants, l'ouvrage le plus maurrassien de Bernanos. Choc poitique, mais aussi stylistique. Aucun écrivain ne m'avait autant impressionné par son talent d'écriture que bernanos.
Suivront les découvertes de ses essais dans la Pléiade, ou je découvrirai navré, la rupture maurras-bernanos de 1932, qui m'inspire un sentiment de gâchis. Sur le moment, il me parait clair que Maurras a raison.
Suivront les découvertes de ses essais dans la Pléiade, ou je découvrirai navré, la rupture maurras-bernanos de 1932, qui m'inspire un sentiment de gâchis. Sur le moment, il me parait clair que Maurras a raison.
-entre 1997 et 1999, journalisme oblige, je lis de plus en plus de livres d'économie. je me range au national-libéralisme. Je suis vraiment, entièrement, de droite.
-1999 : durant l'été, je lis enfin ces fameuses particules élémentaires, dont j'entendait parler depuis un an. Plus précisément, j'avais senti que Houellebecq serait un écrivain d'importance lorsqu'a une semaine d'intervalle, en septembre 98, on parla de lui en couverture des Inrock et sur Radio courtoisie (c'est Jean Tulard qui parlait de lui. Il fallait bien que Tulard soit l'invité pour que je supporte l'écoute de cette radio).
La lecture des Particules fut particulièrement atroce, pour des raisons personnelles. J'engloutis alors le reste de ses oeuvres, et je vis deux fois le film magnifique tiré d'extension du domaine de la lutte. Deuxième choc d'admiration stylistique après Bernanos.
La lecture des Particules fut particulièrement atroce, pour des raisons personnelles. J'engloutis alors le reste de ses oeuvres, et je vis deux fois le film magnifique tiré d'extension du domaine de la lutte. Deuxième choc d'admiration stylistique après Bernanos.
-2001. Nouveau choc, coup de poing, etc : decouverte des milliers de pages du journal de Marc-Edouard (quel prénom magnifique) Nabe. Je crois que j'ai relu ces 4000 pages au moins quatre fois. Le reste de l'oeuvre de Nabe me convainc beaucoup moins, quoique...il faudrait que je relise Le Bonheur.
-mais la redécouverte la plus importante de cette année fut George Orwell, dont le 1984 m'avait énormément impressionné, mais dont je connaissais très peu le reste de l'oeuvre. Et vive l'aspidistra me touche, tellement je me reconnais dans le personnage. Sa vision originale du socialisme fut la première brèche dans mon droitisme maurrassien.
-en fin d'année, je lis dantec, par faiblesse coupable pour tout écrivain non-conformiste. Auijourd'hui, j'aime encore le relire mais uniquement pour noter les monceaux d'âneries qu'il déverse de sa benne à ordure métalourdingue, pour employer son préfixe préféré (ou est-ce un pronom? Les arcanes du langage grammatical me resteront, je le crains, toujours obscures).
-pour mes trente ans, en 2002, mon meilleur ami m'offre un livre de david Lodge, qui confirme, décidément, mon anglolâtrie assumée.
-en fin d'année, je lis avec délectation mon premier livre d'Alain Soral. Nouvelle brèche dans mon droitisme.
-toujours fin 2002, une visite au Virgin des Champs m'amène par hasard au rayon "C". Tiens, tiens...mais ce Renaud Camus publie ses "journaux"? Moi qui adore ce genre, me voilà servi. je crois que j'avais découvert peu de temps auparavant RC en tapant "houellebecq + nabe" sur internet J'étais tombé sur le site de Juldé, ainsi que sur les pages de "corbeaux". L'exécution en règle de Sollers m'avait donné envie de lire la suite...Mon premier RC fut donc le journal 1997.
RC me fit voir le monde d'un oeil différent. Son ombre plane désormais sur chaque faute de syntaxe ou de grammaire que je commet. Mais surtout, à le lire, je découvre ne pas être le seul a m"imaginer comme dirigeant d'un pays imaginaire (disons : l'Antonie) pour mieux eclairer une situation embrouillée, ou l'embellir. Je decouvre que bien d'autres sont horrifiés face à l'indifférence de nos contemporains envers les atteintes à la beauté. Quoi? il existe d'autres gens qui, chaque fois qu'ils passent par La Défense, sont physiquement malades de rage devant cet étalage hideux?
enfin, son rapport philosophique à l'altérité mettra en mot ce que je pensais confusément (et c'est là le rôle principal d'un écrivain)
RC me fit voir le monde d'un oeil différent. Son ombre plane désormais sur chaque faute de syntaxe ou de grammaire que je commet. Mais surtout, à le lire, je découvre ne pas être le seul a m"imaginer comme dirigeant d'un pays imaginaire (disons : l'Antonie) pour mieux eclairer une situation embrouillée, ou l'embellir. Je decouvre que bien d'autres sont horrifiés face à l'indifférence de nos contemporains envers les atteintes à la beauté. Quoi? il existe d'autres gens qui, chaque fois qu'ils passent par La Défense, sont physiquement malades de rage devant cet étalage hideux?
enfin, son rapport philosophique à l'altérité mettra en mot ce que je pensais confusément (et c'est là le rôle principal d'un écrivain)
-2003 : après Lodge, je continue mon exploration de la littérature contemporaine anglaise avec Nick Hornby, puis, en 2004, Mike Gayle. Par contre, Barnes et Jonathan Coe m'ennuiront au possible. (mais quel est le prénom de ce barnes, déjà? Le seul qui me vienne à l'esprit est Cliff, mais il s'agit de bien autre chose!)
-2003 again. Emmanuel Todd plublie un jouissif après l'empire, qui suit son éloge du protectionnisme. Voilà de bonnes munitions pour la suite, mais nous nous éloignons ici de la littérature. Dans le même ordre, toutefois,je ne peut ommettre de citer Jean-Claude Michéa qui actualise le socialisme orwellien, et surtout prouve par A+B que la gauche est d'essence libérale. ça tombe bien : je pense que le royalisme est par essence "pas de droite". Tout cela est lié.
-ces essais de Michéa me font relire bernanos d'un autre oeil. Aujourdh'ui, je lui donne mille fois raisons dans sa lutte contre Maurras. Bernanos est au royalisme ce qu'orwell est au socialisme. Tout est dit sur l'erreur "de droite" dans Les grands cimetières sous la Lune, et surtout dans Scandale de la vérité
-2004 : les illusions perdues. Joie à l'idée d'explorer l'immense continent balzacien (on me pardonnera, j'en suis sûr, ce cliché cent fois usité).
bon...je vois que j'ai oublié de citer Baudelaire (1992) et Leconte de Lisle (date de dévouverte inconnue, ce qui m'agace), ainsi que Pascal (1993)
a noter aussi ces explorateurs des mentalités nationales que sont André Siegfried (l'âme des peuples) et Elie Faure (découverte de l'archipel)
Enfin, citons le très talentueux Eric Zemmour. Le livre noir de la droite est le meilleur ouvrage d'analyse politique de ces dernières décennies. On y sent bien l'inspiration balzacienne.
03:22 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


Les commentaires sont fermés.