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27/10/2004

Vie et mort de Guy Carlier

En ces jours passés, Guy était un homme heureux. Chroniqueur vedettede Laurent Ruquier, il détonnait au milieu des flaques de biles qu'étaient Jean-Jacques Vannier (le comique préféré des lectrices de Télérama), Didier Porte ou Laurence Boccolini (qui, avant d'être conne sur TF1 était conne sur France Inter).

On doit toutefois reconnaitre qu'on le trouva drôle, mais que le souvenir de ses chroniques s'est évaporé. Qui pouvait-il bien attaquer en cette fin des années 90? Chai plus.

Toujours est-il que Guy continua de semer sa bonne parole chez Bern (le royaliste favori des ménagères).

et tous de pousser des "oh" et des "ah" ; quel courage! oser s'en prendre à Julien Lepers, Bataille et Fontaine, Arthur (mais pas trop Masure. Bruno est un ami, et puis il est installé à côté de Guy pendant l'émission, faut pas déconner non plus), bien assis derrière son pupitre.

Mais voilà, Guy gagnait de l'argent, Guy était aimé, mais Guy ne s'aimait pas. Trop gros, trop seul, se disait-il le soir dans son bel appartement.

Un jour, pourtant, dit-il, il trouva l'amour, et se lança dans le grand bain télévisuel, chez son ami, l'impertinent Fogiel (dit-il - je viens de vous le dire).

Pauvre, pauvre Guy si tu avais su. Tu signais ta propre fin sur le parchemin du petit vampire de France 3.

 

Un beau dimanche de septembre, ze grand jour arriva : Guy dans le poste! on allait voir ce qu'on allait voir : allait-il faire pleurer les invités? les faire quitter le plateau?

rien

nib

que dalle

niente!

Depuis septembre, sont passés sur la plateau delanoé, de caunes, youn, garcia, qui sais-je encore, et chaque fois, le pauvre Guy pleurait d'émotion à la joie d'avoir en face de lui de teles sommités. C'est un sensible, le Guy. Il n'aurait jamais pu rêver telle situation, lui, l'auteur de y'a pas que les grands qui rêvent. En effet : il y a aussi les gros.

mais alors...pas de vannes cruelles? pas de dénonciation de la démagogie? rien?

Si bien sûr! Elisabeth Teissier, l'avocat du président Saddam Hussein : ça c'est des cibles,  détruire massivement, comme dirait deubeulyou.

Premier accroc lorsque ledit avocat rappelle a Guy son passé trouble de décorateur pour un marchand d'arme. Vexé comme un pou, le Guy. Il n'y a pourtant pas de quoi : quel mal y a-t'il a décorer des maisons? On a là un petit aperçu du caractère susceptible de ce cher Guy.

Le comble de la gêne, quelque chose qu'on avait pas vu depuis les exhibitions de clown complexé de Boujenah, fut atteint lorsque, ne tarrissant pas d'éloges sur De Caunes et Garcia (qui revenaient encore une fois fourguer leurs singeries made in NPA), il ne pu se r"soudre à leur dire du mal et préféra les nommer...Pernaud et Evelyne Thomas! Wouaw, ça dénonce chez marco!

Je passe sur les attaques perpétrées à longueur de dimanche (j'ai pas tout vu je suis souvent sur la 6 à ces heures-là) à l'encontre de personnes aussi dangereuses à frapper que Jean Roucas, Charles Pasqua, Jean Tibéri, Serge Lama etc.

 

 

Arrêtons-là, je crois que tout le monde à compris : la télévision a exaucé le désir le plus cher de Guy : maigrir. Dimanche après dimance, Guy se dégonfle,faux bouffon, vrai chien de garde de la société bien-pensante, déversant sa bile protégé par son armure de graisse ("je peux être salaud sur le physique puisque je suis gras").

 

Guy, tu a un point commun avec Saddam Hussein : toi non plus tu n'a pas d'armes de destruction massives.

A la différence que toi, c'est bien ce qu'on te reprochera, et ta courte carrière s'arrêtera là. Zou.

 

 

26/10/2004

palmarès des écrivains

petite liste dans le désordre, parce que j'aime bien les listes
 

(quoique non...je vais faire cette liste dans l'ordre chronologique de mes découvertes)
 

(et puis des listes de livres, c'est idiot, mieux vaut une liste d'écrivains)
 

-jules verne. Je n'ai jamais su si "Verne" prenait un "s" ou non. A chaque fois que j'écris ce nom, je me pose la question.
Dépassé le stade des bibliothèques roses (passons sur les vertes, que j'ai toujours trouvé inintéressantes au possible), je ne fais pas preuve d'originalité en mettant Jules comme auteur de mon enfance. Outre l'histoire (qui a souvent ses faiblesses, comme en témoignent ces interminables pages descriptives ("comme chacun sait, la Birmanie, qui possède deux millions d'habitants, etc.")), j'aimais les magnifiques dessins en noir et blanc, les sous-bassements scientifiques et l'exotisme des lieux (notamment la Russie de Michel Stroggoff et l'Islande de Voyage au centre de la Terre).
 
-isaac asimov : découvert en 1990, après une adolescence exclusivment consacrée à la lecture de journaux et de bandes dessinées. Asimov marqua mon retour à la littérature, même si ce mot associé à cet auteur de science-fiction peut faire ricaner les snobs.
Inspiré par Gibbon, ses quinzes romans (unifiés dans sa vieillesse) décrivant l'histoire du futur laissent une très grande place au dialogue, et aucune au manichéisme. Chaque camp, qui défend son option politique, présente des arguments cohérents. Mêler intrigue policière et situation politique rend la lecture palpitante, même si le côté matérialiste d'Asimov est parfois agaçant.
 

-Eric Neuhoff. 1992 : lassé de la gauche, me cherchant une identité, je cherche des auteurs de droite dans toutes les bibliothèques de Brest. Je lis alors Tillinac (qui décrit la magie du voyage mieux que personne), Jean Cau, Jean Dutourd, Patrick Besson (bien meilleur chroniqueur que romancier), mais Eric Neuhoff les surpasse tous. Avec le recul, je vois bien les limites de son style néo-hussard, mais si nombre s'y sont essayé, il est le seul a avoir réussi. les hanches de Laetitia est vraiment le roman de mes vingt ans.
 
par contre, les hussards historiques (nimier et cie) me laissent complètement froid. Ils m'agacent aussi, parfois. Je n'aime pas l'ironie. Du tout.
 
-Charles Maurras. janvier 1994 : bonapartiste fervent depuis 1992, et toujours gaulliste, je déniche à la BU la république ou le roi, dialogue épistolaire entre Barrès le césariste et maurras le royaliste. Les arguments tranchants de maurras ne laissent de mon césarisme que des décombres ou triomphe, drapeau fleurdelysé en main, le maître de Martigues.
 
-le même mois, je découvre l'auteur populaire stephen king, dont je lirai et relirai les romans avec un plaisir renouvelé. Aucun autre écrivain ne sait aussi bien que lui "raconter une histoire" et donner envie de tourner la page. En outre, c'est une bonne étude de la société américaine de la middle-class de la Nouvelle-Angleterre d'u point de vue "démocrate-populiste" (du genre à voter Clinton, mais à être agacé par les péronelles féministes de Manhattan)
 
-Georges Bernanos. en 1995, je découvre la grande peur des biens-pensants, l'ouvrage le plus maurrassien de Bernanos. Choc poitique, mais aussi stylistique. Aucun écrivain ne m'avait autant impressionné par son talent d'écriture que bernanos.
Suivront les découvertes de ses essais dans la Pléiade, ou je découvrirai navré, la rupture maurras-bernanos de 1932, qui m'inspire un sentiment de gâchis. Sur le moment, il me parait clair que Maurras a raison.
 
-entre 1997 et 1999, journalisme oblige, je lis de plus en plus de livres d'économie. je me range au national-libéralisme. Je suis vraiment, entièrement, de droite.
 
-1999 : durant l'été, je lis enfin ces fameuses particules élémentaires, dont j'entendait parler depuis un an. Plus précisément, j'avais senti que Houellebecq serait un écrivain d'importance lorsqu'a une semaine d'intervalle, en septembre 98, on parla de lui en couverture des Inrock et sur Radio courtoisie (c'est Jean Tulard qui parlait de lui. Il fallait bien que Tulard soit l'invité pour que je supporte l'écoute de cette radio).
La lecture des Particules fut particulièrement atroce, pour des raisons personnelles. J'engloutis alors le reste de ses oeuvres, et je vis deux fois le film magnifique tiré d'extension du domaine de la lutte. Deuxième choc d'admiration stylistique après Bernanos.
 
-2001. Nouveau choc, coup de poing, etc : decouverte des milliers de pages du journal de Marc-Edouard (quel prénom magnifique) Nabe. Je crois que j'ai relu ces 4000 pages au moins quatre fois. Le reste de l'oeuvre de Nabe me convainc beaucoup moins, quoique...il faudrait que je relise Le Bonheur.
 

-mais la redécouverte la plus importante de cette année fut George Orwell, dont le 1984 m'avait énormément impressionné, mais dont je connaissais très peu le reste de l'oeuvre. Et vive l'aspidistra me touche, tellement je me reconnais dans le personnage. Sa vision originale du socialisme fut la première brèche dans mon droitisme maurrassien.
 
-en fin d'année, je lis dantec, par faiblesse coupable pour tout écrivain non-conformiste. Auijourd'hui, j'aime encore le relire mais uniquement pour noter les monceaux d'âneries qu'il déverse de sa benne à ordure métalourdingue, pour employer son préfixe préféré  (ou est-ce un pronom? Les arcanes du langage grammatical me resteront, je le crains, toujours obscures).
 

-pour mes trente ans, en 2002, mon meilleur ami m'offre un livre de david Lodge, qui confirme, décidément, mon anglolâtrie assumée.
 
-en fin d'année, je lis avec délectation mon premier livre d'Alain Soral. Nouvelle brèche dans mon droitisme.
 
-toujours fin 2002, une visite au Virgin des Champs m'amène par hasard au rayon "C". Tiens, tiens...mais ce Renaud Camus publie ses "journaux"? Moi qui adore ce genre, me voilà servi. je crois que j'avais découvert peu de temps auparavant RC en tapant "houellebecq + nabe" sur internet J'étais tombé sur le site de Juldé, ainsi que sur les pages de "corbeaux". L'exécution en règle de Sollers m'avait donné envie de lire la suite...Mon premier RC fut donc le journal 1997.
RC me fit voir le monde d'un oeil différent. Son ombre plane désormais sur chaque faute de syntaxe ou de grammaire que je commet. Mais surtout, à le lire, je découvre ne pas être le seul a m"imaginer comme dirigeant d'un pays imaginaire (disons : l'Antonie) pour mieux eclairer une situation embrouillée, ou l'embellir. Je decouvre que bien d'autres sont horrifiés face à l'indifférence de nos contemporains envers les atteintes à la beauté. Quoi? il existe d'autres gens qui, chaque fois qu'ils passent par La Défense, sont physiquement malades de rage devant cet étalage hideux?
enfin, son rapport philosophique à l'altérité mettra en mot ce que je pensais confusément (et c'est là le rôle principal d'un écrivain)
 
-2003 : après Lodge, je continue mon exploration de la littérature contemporaine anglaise avec Nick Hornby, puis, en 2004, Mike Gayle. Par contre, Barnes et Jonathan Coe m'ennuiront au possible. (mais quel est le prénom de ce barnes, déjà? Le seul qui me vienne à l'esprit est Cliff, mais il s'agit de bien autre chose!)
 

-2003 again. Emmanuel Todd plublie un jouissif après l'empire, qui suit son éloge du protectionnisme. Voilà de bonnes munitions pour la suite, mais nous nous éloignons ici de la littérature. Dans le même ordre, toutefois,je ne peut ommettre de citer Jean-Claude Michéa qui actualise le socialisme orwellien, et surtout prouve par A+B que la gauche est d'essence libérale. ça tombe bien : je pense que le royalisme est par essence "pas de droite". Tout cela est lié.
 
-ces essais de Michéa me font relire bernanos d'un autre oeil. Aujourdh'ui, je lui donne mille fois raisons dans sa lutte contre Maurras. Bernanos est au royalisme ce qu'orwell est au socialisme. Tout est dit sur l'erreur "de droite" dans Les grands cimetières sous la Lune, et surtout dans Scandale de la vérité
 
-2004 : les illusions perdues. Joie à l'idée d'explorer l'immense continent balzacien (on me pardonnera, j'en suis sûr, ce cliché cent fois usité).
 
 
 
bon...je vois que j'ai oublié de citer Baudelaire (1992) et Leconte de Lisle (date de dévouverte inconnue, ce qui m'agace), ainsi que Pascal (1993)
 
 
 
a noter aussi  ces explorateurs des mentalités nationales que sont André Siegfried (l'âme des peuples) et Elie Faure (découverte de l'archipel)
 
 
 
Enfin, citons le très talentueux Eric Zemmour. Le livre noir de la droite est le meilleur ouvrage d'analyse politique de ces dernières décennies. On y sent bien l'inspiration balzacienne.

23/10/2004

lectures nocturnes

Bon...pour la régularité, c'est pas encore ça...manifestement, ça va être un long, très long combat.

Passé la nuit à lire un livre de l'économiste Jacques Duboin, totalement tombé aux oubliettes de notre chateau-fort libéral... Ses héritiers par la pensée éditent une revue mensuelle, la Grande Relève. Je viens de leur envoyer un mail pour leur proposer une interview (qui sera surement plus limpide que celle de ce sacré Asencio avec Momo G -en tout cas je promet de ne pas employer les mots "boutang", "steiner" et "bernanos").

Interview qui me semble nécessaire car si les thèses de ce Duboin me sont attractives, elles présentent pour moi des failles immenses, mais j'espère que les duboinnistes sauront les combler.

(je voudrais bien savoir pourquoi dès qu'on va "à la ligne", on saute une ligne. Lapinos lui réussit à faire des paragraphes collés. Pourquoi pas Lingane. Remboursez, bordel!)

 

A part ça, chers lecteurs, demain ici, la liste de mes écrivains préférés (ce que j'appelle vulgairement un "classement genre palme d'or")

 

 

21/10/2004

C'est tout de même contraignant, cet outil bloguiste. moi qui tient mon journal (un vrai, un intime) depuis août 93, j'ai la fâcheuse habitude de le laisset tomber, par flemme la plupart du temps, durant des jours, voire des mois.

Ici par contre, même si personne ne me lit, je me sens l'obligation d'écrire, au moins un jour sur deux. Qui sait? ce blogue me permettra peut-être d'acquérir la régularité qui manque à ma vie.

***

En ce moment sur la 3 parlent Christian Autier, l'excellent chroniqueur toulousain. Il n'a pas la tête de l'emploi, pourtant. Longs cheveux noirs, il ressemble à un étudiant soixante-huitard.

Aude Lancelin par contre, est assez mignonne, pour ne pas dire bandante.

 

 

***

Je crois que je vais me replonger dans les TDO de Dantec. Il serait intéressant d'analyser ici les monceaux de conneries que cet abruti otanisé y deverse, au milieu de notes plutot pertinentes.

 

 

 

 

 

 

BUSH FOR PRESIDENT

Lundi chez Calvi (ou pour une fois, Antoine Sfeir n'était pas invité), Maurice Szafran de Marianne défendait la pétition de son journal, pétition visant à la défaite de Bush.

L"inévitable libéral de service (un "philosophe" néocon obscur) a évidemment traité Szafran d'antiaméricain.

A quoi, Maurice a répondu que pas du tout, qu'au contraire, depuis la victoire de Bush en 2000, l'antiaméricanisme, qui était moribond, est monté en flèche. Et Marianne, "extrèmement pro-américain", souhaite donc la défaite du candidat républicain.

 

 

et bien Szafran a entièrement raison. Les crétins gauchistes à la Besnacenot vont beugler lorsque deubeulyou sera réélu dans quelques jours. Mais les vrais partisans du souverainisme, européen ou français ; les vrais partisans de l'anticapitalisme, tous ceux-là vont déboucher le champagne.

 

Depuis 1998 et la genèse des particules élémentaires, l'immonde idéologie social-libérale bien pensante des années 90 décline lentement mais sûrement. Ah! comme ils regrettent le bon temps du président Clinton, ce type si sympa. Alors, ils pouvaient sans honte se prosterner aux pieds du yankee a clarinette.

Mais Bush sera réélu, et avec lui, les forces antiaméricaines ne cesseront de croître. Les pires et les meilleurs, d'ailleurs. Le tout est de favoriser les meilleurs.

 

18/10/2004

Prologue

Et bien voilà : 2870e blogue de l'histoire du net. Quelle idée, vraiment! Qui va lire ces futurs posts, perdus au milieu de décalitres de blogues?

Moi, tout d'abord. Lecteur, sache-le : Lingane sera avant tout mon outil, mon pense-bête, mon défouloir. Si tu y trouve ton compte, tant mieux, mais je ne chercherai pas à te flatter. je ne dresserai pas l'éloge de Maurice G., je ne te bassinerai pas avec l'islam, ni avec les méchants altermondialistes bruns-rouges-verts (marrons, quoi).

Ici c'est Lingane, et l'Amérique n'est pas la bien-aimée. Rassure-toi, la France non plus.

 

 

Un petit mot, pour terminer, aux futurs critiques : sur Lingane, tu trouvera à la fois des fautes d'orthographes ET un éloge de la francophonie, une haine du jargon  . Tu trouvera à la fois un rejet du gauchisme du petit facteur de Nicolas S. ET une gerbe bien sale sur les Church's du libéralisme. Tu trouvera à la fois un mépris pour les petits blancs racistes ET pour les grands noirs racistes.

Tu trouvera tout cela, et tu appellera ça "contradiction".

Moi j'appellerai ça 1+1=3.

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