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01/01/2006

La Russie est de retour!

A la tête du G 8, Moscou rêve de grandeur

Le sommet des 8 se déroulera l'été prochain à Saint-Pétersbourg sous la présidence de Vladimir Poutine

Irina de Chikoff
[31 décembre 2005]

JUSQU'AU DERNIER coup de minuit, ils se seront fait peur. Les Russes ne peuvent s'en empêcher. A la fois par superstition et goût du drame. Parce qu'ils savent aussi que la perspective de voir Moscou prendre, le 1er janvier, la présidence du G 8 pour toute l'année 2006 fait grimacer en Occident. On y parle déjà de «parodie», voire de «sinistre farce». Depuis des semaines, quelques Cassandres prévoyaient le pire. Le conflit qui oppose Moscou à Kiev sur les tarifs du gaz russe ne survient pas au moment le plus opportun. La démission, pas plus tard que mardi, du dernier des Mohicans libéraux, Andreï Illarionov, de son poste de conseiller économique du Kremlin a également donné le frisson aux prophètes du malheur. Et si, au dernier moment, un troisième incident de parcours allait briser le rêve ?


Au Kremlin, le chef de l'Etat n'est pas inquiet. Vladimir Poutine s'apprête même à savourer sa victoire. Il sait qu'il est trop tard pour changer de cap. Ni l'Ukraine, ni aucun trublion ne peuvent plus nuire à la Russie. Nul ne parviendra à lui ôter le plaisir de jouer à l'Amphitryon en organisant au mois de juin prochain le sommet des 8 pays les plus développés de la planète. La réunion aura lieu à Saint-Pétersbourg dans le Palais Constantin de Strelna.


Seul obstacle au bonheur absolu, la Russie n'est toujours pas intégrée aux réunions des ministres des Finances et des dirigeants des banques centrales. Pour tout ce qui concerne les affaires économiques globales, la politique monétaire et le commerce mondial, le club reste un G 7. La Russie n'y est conviée que comme observateur. Ce qui enrage le Kremlin. «VVP», comme on surnomme Poutine, compte profiter de sa présidence pour renverser cet ultime obstacle en se faisant reconnaître comme le «centre énergétique du monde».

Confirmer son rôle de puissance mondiale


Après l'effondrement de l'URSS, la Russie a eu le droit au début à un strapontin aux côtés de l'élite mondiale du G 7, mais, en 1994 à Naples, Boris Eltsine s'est installé dans un fauteuil, et en 1998 le G 8 a été entériné. Le groupe, informel, sans secrétariat et sans règlement sinon tacite, est présidé à tour de rôle par un de ses membres. La Russie succède à la Grande-Bretagne, car Gerhard Schröder, tandis qu'il était encore chancelier, avait cédé sa place à Vladimir Poutine. L'essentiel de la présidence consiste à organiser le sommet annuel du club et ses réunions ministérielles en définissant des priorités.


Celles du chef de l'Etat russe sont centrées sur la «sécurité énergétique», mais il compte aussi mettre en avant la politique migratoire, la lutte contre le terrorisme, l'aide aux pays pauvres et plus particulièrement aux Etats d'Asie centrale qui faisaient partie de l'Union soviétique. Mais, par-delà les sujets qui seront débattus entre «grands», ce qui importe le plus à la Russie, c'est de confirmer son statut de puissance mondiale et de retrouver le rôle international qu'elle estime être le sien. Qu'elle n'aurait jamais dû perdre.


Les critiques sur le manque de démocratie, la guerre en Tchétchénie, la «verticale du pouvoir», la centralisation, l'absence de liberté de la presse, la nouvelle loi sur les ONG ? Broutilles ! Président du Comité parlementaire en charge des affaires étrangères, Constantin Kossatchev balaye d'un geste hautain tous les reproches. Ils sont, selon lui, le fait de «politiciens isolés, marginaux». Et n'ont aucune influence sur les chefs des Etats membres du G 8 ou leur gouvernement. Aux Etats-Unis, un lobby a bien essayé de mettre des bâtons dans les roues de la «telega» (1) russe. En vain. On ne rejette pas un pays qui fournit la moitié du gaz et un tiers du pétrole consommés par l'Union européenne.


Dans la nuit de samedi à dimanche, lorsque sonneront les 12 coups de minuit, pour le Kremlin, c'est «l'heure de la Russie» qui va résonner. Le temps de sa gloire.








Et voilà!

Comme dirait le directeur sportif de la ONCE, Manolo Saiz, Poutine a mis un doigt au cul des orangistes pro-US de Kiev!


bonne année, les libéraux!

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