31/01/2006

Mars 2006 : la fin de l'Empire



Le projet d’une bourse iranienne du pétrole accélérerait la chute de l’empire américain.



Gold-Eagle, 19 janvier 2006.


1) L’économie des Empires

Un état-nation taxe ses propres citoyens, tandis qu’un empire taxe d’autres états-nations. L’histoire des empires, du grec au romain, de l’ottoman au britannique, nous enseigne que la base économique de tout empire est la taxation d’autres nations. La capacité impériale de taxer s’est toujours accompagnée d’une économie plus efficace et plus puissante, et comme conséquence, une puissance militaire plus efficace et plus puissante. Tandis qu’une partie du prélèvement était affectée à l’amélioration du niveau de vie de l’empire, une autre partie était affectée au maintien de la domination militaire nécessaire pour pouvoir prélever les taxes.

Historiquement, la taxation des états sujets a pris différentes formes - généralement sous la forme des métaux or ou argent, là où ils servaient de monnaie, mais aussi sous forme d’esclaves, de soldats, de récoltes, de bétail, ou autres ressources agricoles et naturelles, et tous les biens exigés par l’empire que l’état-sujet pouvait fournir. Historiquement, la taxation impériale s’est toujours exercée d’une manière directe : l’état-sujet remettait ses biens directement à l’empire.


Pour la première fois dans l’histoire, au vingtième siècle, les Etats-Unis ont pu taxer le monde entier d’une manière indirecte, par l’intermédiaire de l’inflation. Ils n’ont pas mis en place un prélèvement direct, comme tous les empires qui les ont précédés, mais ont distribué leur propre devise, le dollar US, aux autres nations en échange de biens avec comme conséquence prévue une inflation et une dévaluation de ces dollars qui étaient ensuite récupérés en échange d’une quantité inférieure de biens - la différence constituant la taxe impériale US. Voici comment ils ont procédé.

Au début du vingtième siècle, l’économie US a commencé à dominer l’économie mondiale. Le Dollar US était indexé sur l’or et par conséquence sa valeur ne connaissait pas de fluctuations, puisqu’elle correspondait toujours à la même quantité d’or. La Grande Dépression, précédée par une inflation entre 1921 et 1929 et l’explosion des déficits budgétaires, a provoqué une nette augmentation de la quantité de monnaie en circulation, rendant ainsi impossible l’indexation du dollar sur l’or. Ce qui amena Roosevelt en 1932 à supprimer l’indexation du dollar sur l’or. Jusqu’à là, les Etats-Unis dominaient le monde, mais uniquement d’un point de vue économique. Ils n’étaient pas encore un empire. En distribuant des dollars convertibles en or, des dollars à valeur constante, les Etats-Unis ne pouvaient tirer des bénéfices économiques de leurs échanges avec d’autres pays.

D’un point de vue économique, l’Empire Américain est née en 1945 avec (les accords de) Bretton Woods. Le dollar US n’était pas totalement convertible en or, mais était encore convertible en or uniquement pour les gouvernements étrangers. Le dollar devint ainsi la monnaie de réserve du monde. Ceci fut rendu possible parce que, pendant la deuxième guerre mondiale, les Etats-Unis avaient fourni des biens à ses alliés en exigeant de l’or en guise de paiement. Les Etats-Unis ont ainsi accumulé une bonne partie de l’or mondial.

La constitution d’un empire n’aurait pas été possible si, après les accords de Bretton Woods, la quantité de dollars en circulation avait été limitée à celle de l’or disponible, afin de pouvoir garantir la parité. Mais la politique « du beurre et des canons » des années 60 était une politique impériale : le volume des dollars fut sans cesse accru pour financer la guerre du Vietnam en même temps que le projet de Grande Société du président Lyndon B. Johnson. La plupart de ces dollars étaient mis en circulation à l’étranger en échange de biens et n’étaient pas rachetés pour la même valeur. L’augmentation des quantités de dollars détenus par des étrangers, alimentée par les déficits US endémiques, équivaut à une taxe : la taxe classique « par l’inflation » qu’un pays impose à ses propres citoyens, mais cette fois-ci imposée par les Etats-Unis au reste du monde.


En 1970-71, lorsque les pays étrangers demandèrent le remboursement de leurs dollars en échange d’or, le gouvernement des Etats-Unis fit faux bond, le 15 août 1971. Alors que l’histoire officielle raconte la « suppression de la parité entre le dollar et l’or », il s’agissait en réalité d’un refus de payer, de rembourser en or, ce qui revient à un acte de mise en faillite de la part du gouvernement des Etats-Unis. C’est ainsi que les Etats-Unis se déclarèrent Empire. Ils avaient accaparé d’énormes quantités de biens du reste du monde, sans intention ou capacité de les payer, et le monde ne pouvait que constater son impuissance.

A partir de ce moment, pour maintenir l’Empire Américain et continuer à taxer le reste du monde, les Etats-Unis devaient obliger le reste du monde à continuer d’accepter, en échange de biens, les dollars qui se dévaluaient en permanence. Le reste du monde devait ainsi accumuler de plus en plus de dollars dévalués. Pour qu’ils continuent d’accumuler tous ces dollars, il fallait trouver et donner au monde une raison économique de posséder tant de dollars. Cette raison fût le pétrole.

En 1971, lorsqu’il devint évident que le gouvernement US était incapable de racheter ses dollars avec de l’or, un accord avec l’Arabie Saoudite fut instauré en 1972-73 : les Etats-Unis soutenaient le règne de la Maison des Saoud qui, en échange, n’accepterait que le dollar US comme monnaie de paiement pour leur pétrole. Le reste de l’OPEC suivit. Le monde était donc contraint d’acheter en dollars le pétrole aux pays arabes et devait donc posséder des dollars pour pouvoir payer. Et parce que la demande de pétrole dans le monde était sans cesse croissante, la demande de dollars ne pouvait qu’augmenter. Si les dollars ne pouvaient plus être échangés pour de l’or, ils pouvaient désormais être échangés pour du pétrole.

L’idée derrière cet accord était de faire en sorte que le dollar soit désormais soutenu par le pétrole. Et tant que cette situation perdurait, le monde devait accumuler de plus en plus de dollars, parce qu’il leur fallait ces dollars pour acheter ce pétrole. Tant que le dollar restait le seul moyen de paiement du pétrole, sa domination était garantie et l’Empire Américain pouvait continuer à taxer le reste du monde. Si le dollar, pour une raison ou une autre, devait perdre le soutien du pétrole, l’Empire Américain cesserait d’exister. Ainsi, la survie de l’Empire dépend de la vente du pétrole en dollars. Cela implique aussi que les réserves de pétrole soient situées dans des pays trop faibles politiquement ou militairement pour demander le paiement du pétrole dans une autre devise. Si quelqu’un demandait à être payé autrement qu’en dollars, il fallait le convaincre, par des pressions militaires ou économiques, de changer d’avis.


Un qui a effectivement demandé des Euros en échange de son pétrole fût Saddam Hussein, en 2000. D’abord il fut l’objet de risées. Ensuite on a tenté de l’ignorer. Enfin, lorsqu’il devint évident qu’il ne plaisantait pas, on exerça des pressions politiques pour lui faire changer d’avis. Lorsque d’autres pays, comme l’Iran, voulaient être payés en d’autres devises, notamment en euros et yens, le danger pour le dollar devint évident, et une opération punitive fut organisée. La guerre de Bush en Irak n’a rien à voir avec les armes nucléaires de Saddam, ni la défense des droits de l’homme, ni la démocratie, ni même le contrôle des puits de pétrole ; il s’agit de défendre le dollar, c’est-à-dire l’Empire Américain. Il s’agit de donner une leçon à tous ceux qui seraient tentés de demander à être payés autrement qu’en dollars.

Nombreux sont ceux qui ont critiqué Bush pour avoir mené une guerre en Irak dans le but de prendre le contrôle des puits de pétrole. Cependant, ils n’expliquent pas pourquoi Bush voudrait prendre le contrôle de ces puits - il aurait pu se contenter d’imprimer des billets pour rien et acheter tout le pétrole dont il avait besoin. Il devait donc y avoir une autre raison pour envahir l’Irak.

L’histoire nous enseigne qu’un empire doit entrer en guerre pour une de ces deux raisons : (1) pour se défendre ou (2) pour tirer profit d’une guerre ; dans le cas contraire, comme le démontre Paul Kennedy dans son magistral « The Rise and Fall of the Great Powers », un éparpillement excessif de ses forces militaires drainerait ses ressources économiques et précipiterait sa chute. D’un point de vue économique, pour qu’un Empire puisse déclencher et mener une guerre, les bénéfices tirées doivent surpasser le coût militaire et social. Les bénéfices tirés des puits Irakiens ne compensent pas les coûts militaires à long-terme. Bush est donc entré en Irak pour défendre son Empire. Et ceci est confirmé par le fait que deux mois après l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis, le programme Nourriture contre Pétrole fut interrompu, les comptes bancaires Irakiens en euros furent convertis en dollars, et le pétrole fut de nouveau vendu exclusivement en dollars US. Il n’était plus possible d’acheter du pétrole à l’Irak avec des euros. La suprématie globale du dollar fut restaurée de nouveau. Bush descendit victorieusement d’un avion de combat et déclara que la mission était accomplie - entendez par là qu’il avait réussi à défendre le dollar US, donc l’Empire Américain.


2) une bourse iranienne du Pétrole Iranienne

Le gouvernement iranien a finalement mis au point l’ultime arme « nucléaire » qui pourrait rapidement détruire le système financier qui soutient l’Empire Américain. L’arme d’une bourse que l’Iran a prévu d’ouvrir en mars 2006. Elle sera basée sur un mécanisme de négoce de pétrole en euros. En termes économiques, la danger pour le dollar est bien plus grand que celui représenté naguère par Saddam, parce que cela permettrait à n’importe qui, désireux d’acheter ou de vendre du pétrole en euros, de court-circuiter complètement le dollar. Dans ce cas, il s est probable que pratiquement tout le monde adopterait avec enthousiasme l’euro comme monnaie de paiement du pétrole.

Les européens n’auraient plus à acheter ou vendre des dollars pour payer le pétrole, et pourraient payer avec leur propre devise. L’adoption de l’euro pour payer le pétrole donnerait à la monnaie européenne un statut de devise de réserve au détriment de celle des Etats-Unis.

Les Chinois et les Japonais seraient particulièrement heureux d’adopter ce nouveau monnaie d’échange pour le pétrole, parce que cela leur permettrait de réduire considérablement leurs énormes réserves de dollars et de diversifier avec des euros, se protégeant ainsi des dévaluations successives du dollar. Ils pourraient décider de garder une petite partie de leurs dollars et de carrément se débarrasser d’un autre partie. Une partie serait gardée pour régler quelques futurs achats en dollars, mais leurs réserves seraient désormais constitués en euros.

Les Russes ont un grand intérêt à adopter l’euro - la majeure partie de leurs échanges s’effectuent avec les pays européens, les pays exportateurs de pétrole, avec la Chine et avec le Japon. L’adoption de l’euro faciliterait d’emblée les échanges avec les deux premiers blocs, et facilitera à terme les échanges avec la Chine et le Japon. De plus, il semblerait que les Russes détestent posséder des dollars qui se dévaluent, car ils viennent de se convertir à la religion de l’or. Les Russes ont aussi ranimé leur nationalisme et ils ne seraient que trop heureux d’adopter l’euro si cela pouvait donner un coup de poignard dans le dos des étasuniens, et c’est avec un sourire aux lèvres qu’ils observeraient les étasuniens perdre leur sang.

Les pays arabes exportateurs de pétrole, face à leurs montagnes de dollars dévalués, adopteraient l’euro avec enthousiasme afin de diversifier leurs. Comme les Russes, leurs échanges s’effectuent principalement avec les pays européens, et ils préféreraient la devise européenne, plus stable. Sans parler du djihad contre l’ennemi infidèle.

Seuls les Britanniques se trouveraient entre le marteau et l’enclume. Ils ont toujours eu un partenariat privilégié avec les Etats-Unis, mais ont toujours subi une attraction naturelle vers l’Europe. Jusqu’à présent, ils ont eu de nombreuses raisons pour rester aux côtés du vainqueur. Néanmoins, quand ils assisteront à la chute de leur vieil allié, se tiendront-ils toujours fermement à ses côtés ou délivreront-ils le coup de grâce ? Il ne faut cependant pas oublier que les deux principales places boursières de pétrole dans le monde sont le NYMEX de New York et le International Petroleum Exchange (IPE) à Londres et les deux sont contrôlés par les Etats-unis. Il semblerait donc plus probable que les Britanniques devront couler avec le navire ou alors se tirer une balle dans le pied en portant atteinte aux intérêts de leur propre IPE. Il faut noter ici qu’au delà de toute la rhétorique autour du maintien de la livre sterling, il est très probable que les Britanniques n’ont pas adopté l’euro principalement parce que les étasuniens ont fait pression. Dans le cas contraire, l’IPE aurait basculé vers l’euro, portant ainsi un coup mortel à leur partenaire stratégique.


En tout état de cause, et quelque soit la décision britannique, si la bourse iranienne du pétrole devait voir le jour, les entités qui comptent - les Européens, les Chinois, les Japonais, les Russes et les Arabes - adopteront avec enthousiasme l’euro, scellant ainsi le destin du dollar. Chose que les Etats-Unis ne peuvent se permettre et ils recourront, si nécessaire, à toute une série de stratégies pour déstabiliser ou interrompre les opérations de la bourse iranienne :

- Le sabotage - par un virus informatique, une attaque contre le réseau, les communications ou un serveur, par différentes failles de sécurité ou une attaque de type 11 septembre contre le site principal et les sites de secours.

- Un coup d’état - de loin la meilleure option à long terme pour les Etats-Unis.

- Une négociation acceptable des conditions et des restrictions - autre excellente solution pour les Etats-Unis. Bien sûr, le coup d’état est nettement préférable pour les Etats-Unis car cela garantirait une neutralisation totale de la bourse qui ne représenterait plus une menace pour leurs intérêts. Cependant, si le coup d’état ou le sabotage échouent, alors la négociation devient à l’évidence la meilleure solution de rechange.

- Une résolution de guerre à l’ONU - difficile à obtenir étant donné les intérêts en jeu chez les états membres du Conseil de Sécurité. Mais tout le discours fébrile autour d’un développent d’armes nucléaires en Iran est clairement destiné à préparer une telle éventualité.

- Une Frappe Nucléaire Unilatérale - un choix stratégique terrible pour toutes les raisons liées à l’éventualité suivante : la Guerre Totale Unilatérale. Les Etats-Unis feront probablement appel à Israël pour mener ce sale boulot.

- Une Guerre Totale Unilatérale - à l’évidence, la plus mauvaise des solutions. D’abord, les ressources militaires US ont déjà été entamées par deux guerres. Ensuite, les Etats-Unis dégraderont encore plus leurs relations avec d’autres nations importantes. Troisièmement, les grands pays possesseurs de dollars pourraient riposter en se débarrassant discrètement de leurs montagnes de billets verts et empêcher ainsi les Etats-Unis de financer leurs nouveaux projets militaires. Enfin, l’Iran a des alliances stratégiques avec de puissantes nations, ce qui pourrait les entraîner dans la guerre ; l’Iran a une telle alliance avec la Chine, l’Inde, et la Russie, connue sous le nom de Groupe de Coopération de Shanghai, ou Coop de Shanghai, et un pacte avec la Syrie.


Quelque soit le choix, d’un point de vue purement économique, si la Bourse iranienne de pétrole devait prendre son envol, elle serait adoptée par de grandes puissances économiques et précipiterait la chute du dollar. La chute du dollar accélérerait l’inflation aux Etats-Unis et ferait monter les taux d’intérêts US. A ce stade, la Fed (banque centrale US - NDT) se retrouverait à devoir choisir entre Charybde et Scylla - entre la déflation et l’hyperinflation - et serait rapidement obligée de prendre soit sa « médecine habituelle », de ralentir l’inflation en augmentant les taux d’intérêt, provoquant ainsi une dépression économique majeure, un effondrement de l’immobilier, un implosion des valeurs boursières et un effondrement financier total, ou bien de choisir une voie de sortie « à la Weimar » par l’inflation, ce qui écornera les rendements des placements à long terme, fera décoller les hélicoptères noiera le système financier sous des tonnes de liquidités, mettra fin aux LTCM ( ? du traducteur ) et provoquera l’hyperinflation de l’économie.

La théorie autrichienne sur la monnaie, le crédit et les cycles nous enseigne qu’il n’y a rien entre Charybde et Scylla. Tôt ou tard, le système monétaire devra basculer d’un côté ou de l’autre, obligeant la Fed à faire un choix. Il ne fait aucun doute que le commandant en chef Ben Bernanke, grand connaisseur de la Grande Dépression et fin pilote de (l’hélicoptère) Black Hawk, choisira l’inflation. Hélicoptère Ben, inconscient de la Grande Dépression telle qu’elle est analysée par Rothbard, a néanmoins retenu les leçons sur le pouvoir destructeur de la déflation. Le Maestro lui a enseigné que la panacée à tout problème financier, dans tous les cas, c’est l’inflation. Il a même enseigné aux japonais sa méthode originale pour lutter contre la déflation. Comme son mentor, il a rêvé de livrer une bataille au sein d’un hiver de Kondratieff. Pour éviter la déflation, il fera appel à la planche à billets, il fera décoller les hélicoptères des quelques 800 bases étasuniennes à l’étranger et, si nécessaire, il monétisera tout ce qui lui tombera sous la main. Son œuvre ultime sera la destruction par hyper inflation de la devise étasunienne. Et de ses cendres renaîtra la nouvelle devise de réserve du monde, cette relique barbare qu’on appelle l’or.

Krassimir Petrov

30/01/2006

United Pigs of America

Voici pour vous chers lecteurs, une interview qui devrait laisser sans voix les hyènes malhonnêtes, stupides ou tout simplement racistes qui ont soutenu l'invasion de la Mésopotamie par l'Empire. (mais ne doutons pas que leur voix résonne encore : les pro-US, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît.)

 

Adonc, voici l'interview d'un Irakien qui a vécu et souffert sous Saddam Hussein, mais ça change du ton de l'infect collablogger "irakien" qui connut une relative célebrité circa 2003-2004 (son nom m'échappe, mais je ne désespère pas de le retrouver dans une future liste de condamnés pour collaboration).




Subhi Toma, qui a connu l’emprisonnement durant le règne de Saddam Hussein, n’a pas accepté que les Etats-Unis aillent renverser les autorités de son pays. Il se bat aujourd’hui pour réclamer le départ des troupes d’occupation, alerter l’opinion sur les graves violations des droits humains et appeler le monde à soutenir la résistance patriotique irakienne.
S.C.

S.C. - Les Irakiens ont-ils tout perdu ?

Subhi Toma : Oui, ils ont tout perdu. Leur pays est dans une situation effroyable. La majorité des Irakiens ressentent cette guerre comme un crime abominable. Un crime qui a détruit une nation, démantelé un pays, la Mésopotamie dont ils étaient si fiers. Il n’y a plus d’Etat, il n’y a plus rien. Les Américains ont réduit la Mésopotamie à un magma de tribus, de milices, de communautés religieuses, ils ont démantelé les structures de l’Etat, réduit à néant l’administration. Il y a des maladies que les Irakiens ne peuvent plus soigner, alors qu’avant il y avait en Irak un système de santé très performant. Les médecins sont assassinés, contraints de s’exiler. Les gens n’ont plus accès qu’à 4 heures d’électricité par jour. L’environnement a été totalement pollué par l’usage, par l’armée anglo-américaine, d’armes interdites, comme l’uranium appauvri, les bombes au phosphore blanc. Les stations d’épuration ont été bombardées et seulement 40 % de l’eau est encore potable. L’occupation a jeté les enfants dans la rue. 40 % des enfants irakiens ne fréquentent plus l’école. Ils sont exposés à toutes sortes d’abus, surtout aux abords des bases américaines, où les soldats ont amené drogues et prostitution.

S.C.- Etes-vous retourné en Irak ?


Subhi Toma : Je suis entré en Irak le 3 mai 2003. Bagdad venait d’essuyer trois semaines de bombardements. Le 1er mai Bush a déclaré : « Voilà la guerre est finie ». J’ai vu des bandes de pilleurs s’attaquer aux banques. C’était des gangs d’Arabes de toutes origines qui avaient été entraînés dans des bases militaires américaines - en Hongrie, en Roumanie, en Pologne - et que l’armée avait embarqués en Irak à cet effet. J’ai vu les soldats qui depuis les tanks leurs faisaient des signes pour les encourager à continuer d’aller piller et casser. C’est ainsi qu’ils ont pillé tous les trésors dans les musées, vidé tous les coffres de banques. Ce que je vous raconte, d’autres que moi l’on vu, l’ont rapporté, je n’invente rien.

S.C.- Ce sont ces bandes que les télévisions ont montrées en train de s’attaquer aux symboles du régime de Saddam Hussein pour nous faire croire qu’il y avait des Irakiens qui applaudissaient l’arrivée des troupes américaines ?

Subhi Toma : Ce sont ces gangs qui ont démantelé toutes les usines, renvoyé l’Irak à l’âge préindustriel. L’Irak était un pays industrialisé ; dans les années 70 il était parmi les pays du sud émergents. L’usine de Massara qui produisait 30% des médicaments à l’usage des Irakiens, a été vendue en pièces détachées aux Jordaniens et aux Koweitiens. Aujourd’hui 80 % des Irakiens n’ont plus d’emploi. 55 % entre 18 et 55 ans, sont au chômage. Le seul emploi qui leur reste est de s’enrôler comme mercenaires auprès des politiciens Kurdes, Chiites et les armées occupantes. Outre les mercenaires arabes, il y a actuellement 50’000 mercenaires Français, Allemands, Anglais, Polonais, Roumains, latino américains, formés par les Américains pour travailler dans ces « armées privées ».

S.C.- Qui sont les poseurs des bombes qui ensanglantent le pays ?


Subhi Toma : Nous pensons que tous les attentats qui visent les mosquées, les écoles, les marchés, sont imputables à ces mercenaires. Les attaques de la résistance patriotique visent les troupes d’occupation et les Irakiens qui collaborent avec elles La résistance est constituée de soldats et d’officiers de l’armée de Saddam Hussein.

S.C.- Chez nous, les médias ne parlent pas de résistance mais d’Al Quaida et de Zarkaoui !

Subhi Toma : Qui est derrière le nom d’Al Quaida ? Qui est Zarkaoui et où est-il ? Quel est le service secret qui agit en utilisant son nom ? Nous pensons que Zarkaoui n’existe pas. Les gangsters qui commettent ces attentats pour des services secrets occidentaux ont un salaire mensuel de 5 000 dollars. L’objectif de ces massacres est de faire croire à l’opinion que ceux qui résistent en Irak sont « des barbares » et que les Américains sont en Irak pour protéger les Irakiens. Et pour fabriquer ces « barbares », Bush a envoyé l’ambassadeur Negroponte en Irak et l’a chargé de former ces escadrons de la mort. C’était Negroponte lui-même qui avait été envoyé en Amérique centrale pour organiser les escadrons qui ont entraîné la mort de dizaines de milliers de personnes. Ces milices privées sont là pour commettre des actes barbares que les occupants attribuent ensuite à la résistance patriotique pour la discréditer et diviser les Irakiens.

S.C.- Pourquoi la résistance ne dément-elle pas ?


Subhi Toma : Il y a chaque jour des communiqués de la résistance, diffusés via Internet, qui dénoncent les massacres de civils qu’ils attribuent aux services spéciaux liés à l’occupation. Mais les médias occidentaux n’en parlent pas.

S.C.- Il n’en demeure pas moins difficile d’expliquer que des Etats démocratiques puissent financer des groupes pour massacrer des innocents !

Subhi Toma : Pourquoi est-ce difficile ? Il est devenu parfaitement clair que des services secrets d’Etats occidentaux infiltrent et manipulent des groupes locaux pour leur faire faire ce qu’ils appellent « le sale boulot ». C’est la démarche du colonialisme. C’est de la barbarie. Les Etats-Unis veulent faire croire que les résistants irakiens sont des tarés. Ils ont fait la même chose au Vietnam. La force des Etats-Unis réside dans le fait que leur propagande passe dans les médias et que leurs atrocités sont acceptées par l’opinion. Leur démocratie est une véritable escroquerie. Leurs actes dégoûtent les Irakiens de la démocratie. Aujourd’hui tout le monde sait que les services secrets américains avaient organisé en 1973 le coup d’Etat qui avait porté Pinochet au pouvoir au Chili. Au Vietnam avec l’opération Phénix, l’armée américaine a coupé la tête de paysans vietnamiens et les a ensuite exposés aux photographes pour faire croire au monde que les résistants communistes étaient des barbares. C’est la même stratégie. Pourquoi serait-il difficile de croire que les Etats-Unis et la Grande Bretagne fomentent ce même genre d’atrocités pour justifier leur agression en Irak et faire croire qu’il n’y a pas de résistance, qu’il n’y a que des « terroristes » ?

S.C.- Le fait que l’Irak est dévasté et le peuple ruiné ne semble pas affecter Bush. N’a-t-il pas déclaré à mi décembre que son armée est en train de gagner ? !


Subhi Toma : Si nous avons tout perdu, eux ils n’ont pas gagné. C’est terrible, c’est terrible. L’Irak était un pays moderne, organisé et structuré. Un pays sécularisé. En 1930 il y avait des femmes juges, en 1950 des femmes ministres. Ils en ont fait un désastre...ce n’est plus un pays. Toutes les provinces sont dévastées, soumises à des bombardements depuis trois ans. Ils ont tout détruit. Mais ils n’ont pas réussi à atteindre leurs objectifs. Paul Wolfowitz, un des douze architectes de « la guerre préventive », disait que l’armée américaine avait atteint un niveau de compétence technologique qui permettait aux Etats-Unis de mener plusieurs guerres en même temps. Avec l’Irak, ils ont connu un revers total. Leur stratégie d’envoyer des troupes et des chars est un échec. Ils ne feront plus jamais la même erreur. Ils ne pourront plus occuper l’Iran ni la Syrie.

S.C.- N’ont-ils réalisé aucun de leurs objectifs ?

Subhi Toma : Economiquement ils n’ont pas rentabilisé ce qu’ils ont investi. Ils n’ont pas encore signé le contrat pour exploiter le pétrole. Et ils se retrouvent avec 30’000 à 40’000 tués et blessés. Nous croyons que les Etats-Unis vont perdre la guerre, qu’ils sont aujourd’hui otages de cette guerre. Toutes leur manœuvres politiques - élections, Constitution - visent à installer un gouvernement local qui sera prêt à signer les contrats et à leur confier l’exploitation du pétrole et du gaz irakien, à accepter qu’il y ait des bases militaires américaines en Irak, pour contrôler 80 % du Moyen-Orient. S’ils obtiennent cela ils vont partir.

S.C.- N’y a-t-il pas un gagnant, tout de même, Israël qui a toujours affiché sa volonté d’affaiblir l’Irak ?


Subhi Toma : Oui, on peut dire qu’Israël est stratégiquement gagnant. Il n’acceptait pas l’existence d’un Etat organisé comme l’Irak. Il y a des Israéliens qui sont présents en Irak sous diverses formes. Il se peut qu’Israël ait atteint un de ses objectifs. Mais ce qu’Israël fait au Moyen-Orient - s’imposer par la brutalité et le mépris - n’est pas une solution. Cinquante ans de coercition contre les Palestiniens, n’ont pas réussi à en finir avec eux. Et cela ne marchera pas non plus avec les Irakiens. Tant que cette logique de guerre prévaut, nous allons tous souffrir, car cela dépasse le cadre du Moyen-Orient.

S.C.- Cette guerre aurait-elle été possible si les dirigeants arabes avaient fait front pour la condamner ? En la facilitant n’ont-ils pas participé à l’oppression de leurs peuples ?

Subhi Toma : Bien sûr. Lorsqu’il y a un désastre de cette importance il n’y a pas qu’un seul facteur. La dégénérescence des régimes arabes a abouti à cela. Je suis tout à fait d’accord. Ces régimes arabes sont les alliés stratégiques des Etats-Unis.

S.C.- La soumission des leaders arabes à Washington ne se retournera-t-elle pas contre eux ? Leurs peuples ne se vengeront-ils pas ? Et vous, que ressentez-vous ?


Subhi Toma : Il y a une pensée orientale qui dit : « Si la bêtise gifle l’intelligence il ne faut pas que l’intelligence se comporte comme la bêtise ». La haine n’apporte pas de solution. Nous devons œuvrer pour amener l’Occident à avoir une attitude d’égalité avec nous. Si ce n’est pas cela, alors c’est l’idéologie de la violence.

S.C.- Comment ces victimes de la guerre que l’Occident a humiliées, atteintes dans leur dignité, vont-elles pouvoir se relever ?

Subhi Toma : Quand j’étais là bas, j’ai vu dans la rue les soldats américains frapper des Irakiens, les jeter au sol, les écraser de leurs bottes, les encagouler avec des sacs de plastique. J’ai compris que, par ces actes humiliants et brutaux, les Américains étaient en train de pousser les Irakiens à la résistance. Je reviens de Damas. Les Syriens sont, eux aussi, désespérés. J’ai eu le sentiment qu’ils sont, comme vous le suggérez, profondément atteints par ces humiliations permanentes des Etats-Unis et d’Israël. Ils sont convaincus que leur tour va venir et qu’ils doivent se préparer à résister.

S.C.- Il est difficile de se convaincre - malgré ce que vous venez d’étayer - qu’il y a en Irak une résistance bien organisée. Si tel était le cas pourquoi les Irakiens auraient-ils participé aussi massivement à des élections servant les intérêts de l’occupation ?


Subhi Toma : Les dirigeants irakiens savaient que face aux bombardements, ils ne pouvaient pas tenir. Mais ils savaient qu’une fois que les troupes américaines entreraient dans les villes, les choses se compliqueraient pour elle. La résistance grandit de jour en jour. Les engins artisanaux que les Irakiens utilisent contre les chars américains tuaient au début un soldat par jour, maintenant cinq. S’il n’y avait pas une résistance forte, pourquoi, malgré leur ampleur les troupes américaines, ne sont-elles pas arrivées en trois ans à limiter les attaques ? C’est la preuve qu’il y a un soutien populaire à la résistance. L’Irak est un pays vaste. La population est épuisée mais elle a encore un potentiel. Quant aux élections, a participation des Chiites et des Kurdes était acquise. Il y a eu l’idée, aussi, que de contribuer au processus politique pouvait contribuer à accélérer le départ des Américains. La résistance n’est pas seulement armée, elle est aussi politique.

S.C.- Quand Bernard Kouchner attribuait encore récemment à Saddam Hussein la mort de 2,5 millions d’Irakiens dit-il la vérité ?


Subhi Toma : Non. Il y avait une répression politique qui éliminait ses opposants politiques. J’ai fait de la prison en Irak. J’ai été torturé. Je peux comparer ce qui se passait sous Saddam Hussein avec ce qui se passe aujourd’hui. Monsieur Bernard Kouchner exagère les crimes de Saddam Hussein, amplifie ses défauts, pour justifier son adhésion à l’embargo et à la guerre abominable des Etats-Unis. Monsieur Kouchner et ses amis de gauche ont soutenu l’embargo qui a causé la mort d’un demi-million d’enfants et ruiné toute la société. Pour justifier sa participation à un tel crime Monsieur Kouchner continue de faire de Saddam Hussein un personnage bien plus monstrueux qu’il n’était.

S.C.- Voulez-vous dire que les troupes américaines en Irak commettent des actes bien plus abominables que du temps de Saddam Hussein ?


Subhi Toma : Bien sûr. Ce qui se passait sous Saddam Hussein, quantité de régimes latino américains l’ont fait. C’était aux Irakiens de régler leurs problèmes. Cela ne pouvait justifier d’aller détruire un pays, un peuple. Tous ceux qui voulaient que cette guerre se fasse ont menti. Ils se sont servis de la religion pour diviser les Irakiens. Ils ont prétendu que le régime de Saddam Hussein était contre les Chiites. Comment Saddam pouvait-il être l’ennemi des Chiites alors que 80 % des membres du parti Baath et de l’armée irakienne étaient Chiites ? Autre exemple : sur les 55 personnalités dont la tête a été mise à prix par les Etats-Unis, 35 d’entre-elles étaient Chiites ! Faire croire que les Chiites étaient les victimes de Saddam est une escroquerie.

S.C.- Quand, dans les années quatre vingt-dix, des politiciens progressistes appelaient à intervenir, au nom du « droit d’ingérence humanitaire » dans la partie Kurde de l’Irak, n’ouvrait-ils pas la porte à la guerre ?


Subhi Toma : Le droit d’ingérence humanitaire était une proposition douteuse. Le ministre des affaires étrangères Hubert Védrine avait reconnu que ce « droit d’ingérence » était une nouvelle forme de colonisation. Je suis allé en Irak durant l’embargo. J’ai vu les enfants mourir. Quand j’ai vu des démocrates soutenir l’embargo, j’ai alors pris conscience que la politique et la démocratie n’étaient pas cette chose noble que je croyais ; j’ai compris que tous ces politiciens - tous partis confondus - qui ne faisaient rien pour empêcher l’embargo, participaient à un crime impardonnable. On pouvait éviter la guerre. Les promoteurs de la guerre avaient un parti pris. Ce n’était ni le parti de la paix ni de la démocratie. Quand on leur demandait de faire un geste en faveur des enfants irakiens qui mouraient à cause de l’embargo, ces « démocrates » répondaient : « Nous aiderons les démocrates ». Comment peut-on demander à des victimes si elles sont démocrates ?

S.C.- Faut-il considérer les responsables politiques et médiatiques qui ont appuyé cette guerre, complices de crimes ?

Subhi Toma : Bien sûr. Il y a participation active, il y a participation passive. Je pense que tous ceux qui ont justifié l’embargo et soutenu la guerre contre le peuple irakien ont participé d’une façon ou d’une autre aux crimes contre le peuple irakien.

03/01/2006

Consanguin teste pour vous le darwinisme

...et c'est une belle réussite!

http://consanguin.blogspirit.com/archive/2005/12/22/creat...



toutes les scies rebattues du pauvre darwinisme en déclin (qui rend "si confortable d'être athée, selon saint Dawkins) y sont venus, y sont tous là. Ironie lourdissime, évacuation des taches sous le tapis ( "les inévitables zones d'ombre d'une théorie" -ben tiens!), assimilation de l'Intelligent Desing avec les créationnistes bibliques croyant que le monde a été créé en six jours, etc, etc et blablabla...


Maintenant, darwinistes et autres admirateurs de Guillaume Lecointre ou Philippe Val, passez votre chemin, le texte qui suit s'adresse aux gens de bonne foi, qui ne craignent pas de grelotter hors du mainstream :


(Cet article est largement inspiré des œuvres de Michael Denton, biologiste moléculaire et auteur de Evolution : une théorie en crise, livre réunissant un ensemble de preuves accablantes des failles du Darwinisme, et du livre de Phillip Johnson, Le Darwinisme en question, où celui-ci dénonce l'attitude anti-scientifique et dogmatique des adeptes de Darwin, ainsi que les implications anti-théistes de la théorie.)

L'évolution selon Darwin
Jusqu'à la moitié du 19e siècle, la nature tout entière était considérée comme une création de Dieu, où toutes les espèces avaient été créées immuables.
En 1831, Darwin partît à bord d'un navire appelé le Beagle, dont l'expédition avait pour but d'achever des relevés topographiques en Amérique latine. Ce long périple, qui dura 5 ans, amena Darwin jusqu'aux îles Galápagos, 13 îlots volcaniques dotés de nombreuses espèces, animales et végétales, très variées. Darwin fut surpris de trouver, dans chaque île, des espèces très voisines, différant seulement par quelques modifications : « Mais ce qui me frappe d'émerveillement, c'est le fait que plusieurs îles possèdent leurs propres espèces de tortues, d'oiseaux moqueurs, de pinsons et de plantes, et que ces espèces ont les mêmes habitudes générales, occupent des situations analogues et remplissent évidemment les mêmes fonctions dans l'économie naturelle de l'archipel. »
Si toutes les espèces avaient été créées immuables par Dieu, dans quel but celui-ci avait-il créé des espèces uniques pour chacune de ces îles ? Darwin fût particulièrement frappé par 14 espèces de pinsons, de tailles et de couleurs différentes, et ayant des becs distincts. Ces différentes espèces pouvaient être classées en une séquence morphologique, comme si elles étaient issues d'une espèce unique qui auraient subi, à chaque fois, de légères modifications, d'île en île. Darwin comprit que les espèces n'étaient pas immuables et que de nouvelles espèces pouvaient apparaître par modification : « Enfin la lumière m'est venue, et je suis presque convaincu (tout à fait contrairement à mon opinion de départ) que les espèces ne sont pas (et c'est comme si j'avouais un crime) immuables. »
L'idée que des espèces pouvaient se modifier, évoluer en une nouvelle espèce n'était pas nouvelle. Elle avait déjà été formulée par Anaximandre de Millet en 550 av J.C. et fut reprise par Empédocle, Epicure et Démocrite. Ces philosophes, tous matérialistes, donnaient ainsi une explication de la vie par un processus d'évolution matérialiste, qui offrait une alternative à la croyance populaire en une création surnaturelle.
D'autres, comme Lamarck, avaient envisagé l'idée d'évolution, non pas par un processus matérialiste, mais par une force vitale, contenue dans les êtres vivants, et qui dirige l'évolution. Selon cette théorie, les espèces améliorent leurs caractéristiques et les transmettent à leurs descendants. Les girafes ont ainsi un long cou parce que, la nourriture étant difficile à atteindre sur les arbres, la force vitale à allonger leur cou ; caractère qui s'est ensuite transmis à leurs progénitures. Cette hypothèse fut peu à peu abandonnée au profit de la théorie de Darwin, et s'avéra inconciliable avec la découverte des gènes au 20e siècle.
Darwin formula une nouvelle théorie matérialiste de l'évolution. Son idée est que la lutte pour la vie entraîne la survie des individus les mieux adaptés parmi une espèce, et donc la sélection des modifications les plus avantageuses : La girafe a un long cou aujourd'hui car, la nourriture étant haute sur les arbres, les girafes ayant eu un cou un peu plus long que les autres ont pu survivre et avoir des descendants ; tandis que les girafes ayant eu un cou plus court, n'ayant pu se nourrir, sont mortes sans avoir eu de descendant. De génération en génération, la lutte pour la vie a sélectionné les girafes ayant les cous les plus longs jusqu'à obtenir les girafes actuelles. Selon Darwin, toute la vie aurait évolué à partir de la plus petite forme de vie connue : la cellule.
La théorie, qui impliquait deux processus : les modifications aléatoires des espèces et la sélection des modifications avantageuses par la lutte pour la vie, avait été formulée par Darwin dès 1838. Celui-ci ne publiera sa théorie qu'après 20 ans de réflexion, en 1859, dans son ouvrage : de l'Origine des espèces. Cette attente était due au désir de Darwin d'accumuler le plus de preuves possibles en faveur de sa théorie, et aussi, parce que, nous le verrons plus loin, Darwin commencera à douter de plus en plus de sa théorie.


Les conséquences de la théorie de Darwin
Avant la théorie de Darwin, la science et la religion n'était pas en opposition : les savants, et notamment les biologistes, admiraient le Créateur dans l'harmonie des lois qui président l'univers ; chaque nouvelle découverte scientifique était présentée comme un preuve de l'existence de Dieu.
La première source de conflit entre les scientifiques et les religieux fut à propos des données géologiques. Celles-ci nécessitaient un âge pour la Terre, de plusieurs millions d'années, qui ne s'accordaient pas avec le récit biblique de la genèse. Quelques années plus tard, la théorie de Darwin allait entraîner une rupture nette entre science et religion ; des disputes emportées et virulentes éclatèrent entre religieux et scientifiques, ces derniers devenant encore plus matérialistes et anti-religieux sous l'effet des attaques de l'Eglise.
Quels désaccords opposaient les religieux aux partisans de la théorie de Darwin ? Celle-ci, affirmant que toutes les espèces descendent d'un ancêtre commun, était en contradiction avec le récit de la création écrit dans la genèse. Mais ce n'est pas là que portait le principal point de dissension qui allait provoquer le divorce entre science et religion ; on peut, en effet, rester croyant et voir, dans le récit de la genèse, un image qui n'est pas à prendre à la lettre. Si Dieu est tout-puissant, il a tout aussi bien pu créer la vie en 7 jours comme en plusieurs milliards d'années par le biais de l'évolution. Le véritable sujet de discorde portait sur le processus de l'évolution.
Selon la théorie de Darwin, les modifications précédant la sélection naturelle, sont le fruit d'un processus aléatoire entièrement aveugle. Le hasard, et le hasard seul est à l'origine de l'évolution. Celle-ci ne peut pas avoir de but, et il ne peut pas exister de plan divin. Aucune intelligence surnaturelle n'agit sur le mécanisme de l'évolution, et l'homme ne serait plus l'aboutissement d'une volonté créatrice, mais le résultat d'une immense loterie. « L'homme est le résultat d'un processus naturel et sans but, qui ne l'avait pas prévu. » écrira George Gaylord Simpson, darwiniste convaincu. L'évolution darwinienne, exclusivement matérialiste, est inconciliable avec l'idée d'un Créateur qui aurait dirigé l'évolution. La diversité de la vie n'est due qu'à la sélection des formes de vie les mieux adaptées à leur environnement, par suite de modifications accidentelles. Il n'y aurait donc ni créateur, ni révélation. Le prix Nobel Jacques Monod - appelé ironiquement le prophète français du néo-darwinisme par le juge Phillip Johnson - a écrit dans son livre le hasard et la nécessité : « L'ancienne alliance est rompue ; l'homme sait enfin qu'il est seul dans l'immensité indifférente de l'univers dont il a émergé par hasard. »
La découverte de l'ADN et des gènes au 20e siècle expliqua comment pouvait s'opérer les modifications des caractères, on ne parla plus alors de modifications mais de mutations ; la génétique fut alors intégrée au darwinisme sous le nom de théorie synthétique de l'évolution ou néo-darwinisme. Le triomphe du darwinisme, et du matérialisme sous-jacent, fut alors éclatant. Le zoologiste d'Oxford, Richard Dawkins, écrira dans son livre l'horloger aveugle, véritable apologie de l'athéisme : « Darwin nous donne les moyens d'être des athées intellectuellement comblés. »


Les preuves en faveur de la théorie
Gardons bien à l'esprit que la théorie de Darwin n'est qu'une hypothèse. On peut fort bien admettre l'évolution des espèces sans pour autant croire que celle-ci a bien eu lieu par le processus décrit par Darwin. La science a pour rôle de confronter les théories à l'examen des faits, et, de les rejeter, si elle ne s'accorde pas avec la réalité.
La grande difficulté avec la théorie de Darwin est de savoir : comment la confronter aux faits ? L'évolution des espèces, qui s'étale sur plusieurs milliers d'années, ne peut pas être directement observé. Il faudra attendre 1950 pour obtenir une preuve que la sélection naturelle pouvait effectivement agir sur la nature : des papillons d'Angleterre, appelés géomètres du bouleau, étaient composés de deux variétés : l'une claire, l'autre sombre. La variété sombre, largement minoritaire, avait été jusqu'alors moins camouflée contre les prédateurs car elle était nettement plus visible dans son environnement naturel que la variété claire. Avec l'arrivée de l'industrie, l'environnement des papillons fut transformé, les arbres et les rochers furent noircis par la pollution. Les papillons clairs furent alors plus apparent pour les prédateurs, tandis que les sombres étaient moins visibles. En quelques années, le papillon sombre devînt prépondérant dans les régions industrialisés d'Angleterre.
Quelques années plus tard, on étudia plus de 600 espèces de mouche de l'île d'Hawaï qui présentaient un séquençage génétique parfait et qui mettait en évidence le fait que toutes ces espèces de mouche avait évolué à partir d'une espèce unique. Après plus d'un siècle de recherche, les darwinistes crurent enfin tenir des preuves que leur théorie est vraie, et n'hésitèrent plus à la présenter, non comme une hypothèse, mais comme un fait.
L'engouement des darwinistes pour ces preuves est-il bien fondé ? Force est de constater qu'il existe un immense fossé entre des changements mineurs observés chez les mouches d'Hawaï ou les papillons et la création de nouvelles espèces, de nouveaux organes. Comment comparer le changement de couleur d'un papillon (il ne s'agit d'ailleurs même pas d'un changement de couleur, mais plutôt d'un changement de proportions) et les changements qui accompagnent l'évolution d'un poisson en amphibien, d'un reptile en oiseau, etc.… La sélection naturelle a sans aucun doute le pouvoir de modifier la taille, la couleur ou d'autres caractéristiques mineures d'une espèce, mais n'est-ce pas extrapoler un peu loin de prétendre que cette même sélection naturelle ait pu créer toute la diversité de la vie à partir d'une simple cellule ancestrale ?
Prenons par analogie les lois qui déterminent les mouvements physiques : on sait que les lois de la mécanique de Newton sont justes à notre échelle, mais elles n'entrent plus en jeu dans un espace infiniment grand où les lois de la Relativité générale prennent le relais. De même, dans l'infiniment petit, ces mêmes lois ne sont plus valides, c'est le domaine de la mécanique quantique. Aussi, la sélection naturelle joue un rôle indéniable dans ce qu'on appelle la micro-évolution (changements mineurs) mais c'est s'avancer un peu vite d'affirmer qu'elle joue le même rôle au sein de la macro-évolution (création de nouvelles espèces, de nouveaux organes).

Les fossiles
Comment vérifier si la sélection naturelle a réellement un rôle dans la macro-évolution ? Selon la théorie de Darwin, l'évolution serait une accumulation de variations légères et successives. Darwin affirma que « le nombre de formes intermédiaires constituant les chaînons de transition entre toutes les espèces vivantes et les espèces perdues a donc du être infiniment grand ». Il était donc possible de confirmer la théorie par l'étude des fossiles. Si celle-ci était vraie, les fossiles auraient du présenter une continuité entre toutes les espèces et l'on aurait du trouver d' « innombrables maillons de transition reliant les espèces. »
Darwin encouragea vivement la recherche des fossiles, mais celle-ci s'avéra décevante. On ne découvrît que de rares formes de transition comme l'archéoptéryx, un intermédiaire entre les reptiles et les oiseaux. Toutefois, l'archéoptéryx possédait déjà des ailes et des plumes aussi complexes que celles des oiseaux d'aujourd'hui et était capable de voler. Aucune forme intermédiaire ne fut découverte entre l'aile et les membres postérieurs.
Les darwinistes avancèrent que le cœlacanthe, un poisson que l'on croyait éteint depuis des millions d'années, était un intermédiaire entre les poissons et les amphibiens. Cette croyance s'effondra en 1938 lorsqu'on repêcha, au large de l'Afrique du Sud, un spécimen de cœlacanthe que l'on croyait disparu ; l'étude de l'anatomie du poisson révéla que celui-ci n'avait rien de commun avec les amphibiens et qu'il n'était pas un intermédiaire.
Darwin reconnaissait les lacunes dans les documents fossiles : « Bien que des recherches géologiques aient incontestablement révélé l'existence passé d'un grand nombre de chaînons qui ont déjà rapproché les unes des autres bien des formes de vie, elles ne présentent pas, entre les espèces actuelles et les espèces passées, toutes les gradations infinies et insensibles que réclame ma théorie, et c'est là, sans contredit, l'objection la plus sérieuse qu'on puisse lui opposer. » Les plus fervents adversaires de Darwin n'était pas, comme on pourrait le croire, les ecclésiastique, mais bien les paléontologues. Darwin contourna le problème en interprétant le manque de chaînons de transition par l'« extrême imperfection » des documents fossiles de son époque.
Des générations de paléontologues ont recherché, depuis 150 ans, les formes de transition voulues par la théorie, mais en vain. Les recherches de fossiles ont, à l'inverse, mis en évidence l'absence d'intermédiaire entre les espèces. Il y a 600 millions d'années, période appelée le cambrien, il y eut une explosion prodigieuse du nombre de formes de vie. Les espèces ne sont alors pas apparu successivement, comme le nécessite la théorie, mais soudainement, déjà différenciées en groupe et sous groupe, sans que l'on puisse trouver le moindre ancêtre probable dans le pré-cambrien. Ce scénario s'est répété de nombreuses fois au cours de l'histoire de la Terre : pour l'apparition des plantes à fleurs, des poissons cartilagineux (raies et requins), des amphibiens, etc.… A chaque fois, les espèces apparaissent en différents groupes bien distincts, sans qu'aucune espèce ne puisse être l'ancêtre l'une de l'autre. Steven Stanley, professeur à l'Université de Yale, écrit dans Macroevolution : « les gisements fossiles connus ne fournissent pas un seul exemple témoignant de l'évolution graduelle en train d'accomplir une transition morphologique majeur et n'offrent donc aucune preuve de la validité du modèle gradualiste (Darwinien) ».


L'évolution créatrice
Seul le squelette des animaux est conservé dans les fossiles ; ceux-ci ne permettent donc pas d'étudier les parties molles : les organes. De même que pour les espèces, il a du exister d'innombrables formes de transition pour les organes ; ceux-ci n'ayant laissé aucune trace dans les fossiles, on ne peut qu'essayer d'imaginer les différentes formes intermédiaires qui ont été nécessaires pour parvenir aux organes actuels.
Cette recherche des formes intermédiaires hypothétiques permettant d'expliquer la formation des organes ne connut pas plus de succès pour les darwinistes que l'étude des fossiles. Expliquer, par exemple, la formation d'un organe tel que l'œil par la sélection naturelle embarrassa Darwin lui-même : « Il semble absurde au possible, je le reconnais, de supposer que la sélection naturelle ait pu former l'œil… J'ai trop bien senti moi-même la difficulté pour être étonné que d'autres hésitent à étendre aussi loin le principe de la sélection naturelle. »
L'œil opérationnel le plus simple que l'on puisse concevoir est déjà, biologiquement, d'une complexité incroyable, et nécessiterait des milliers de modifications successives pour apparaître. Or, chacune de ces modifications doit elle-même apportée un avantage pour l'espèce afin qu'elle soit conservée par la sélection naturelle. Tant que l'œil n'est pas complet, il ne peut pas permettre la vision et ne peut donc conférer un avantage pour l'espèce. Imaginons, une espèce dotée de l'ébauche d'un oeil. Celui-ci n'étant pas complet, il ne peut pas fournir une « ébauche » de la vision ; ne procurant pas d'avantages pour la survie de l'espèce, il ne sera pas favorisé par la sélection naturelle.
Le zoologiste français Pierre-Paul Grassé a écrit dans son livre Evolution of living organisms : « Quiconque endosse la conception aléatoire de l'évolution admet que l'œil et l'oreille, pour devenir ce qu'ils sont, nécessitèrent des milliers et des milliers de hasards heureux, synchronisés au besoin de leur fabrication. Quelle est la probabilité d'une réussite si merveilleusement fortuite ? » Lors d'une rencontre entre darwinistes et mathématiciens au Wistar Institute de Philadelphie, en 1867, le mathématicien Ulam calcula l'impossibilité mathématique du Darwinisme : l'œil nécessitait un nombre de mutations tellement grand que le temps imparti pour son évolution ne suffisait pas.
Comment expliquer l'apparition de l'aile ? Celle-ci apparaît déjà toute formée chez l'archéoptéryx. Sachant qu'une aile à moitié formée ne permet pas de voler et qu'un membre postérieur à moitié transformé en aile ne permet plus de courir, de grimper aux arbres, de saisir des objets, etc.…, quel avantage aurait donc pu procurer une forme intermédiaire entre les membres postérieurs et l'aile ? L'apparition de la plume est tout aussi mystérieuse : encore une fois, aucun intermédiaire n'a été trouvé entre les écailles et la plume. Et, de plus, la plume nécessite d'être complètement formée, afin d'être suffisamment étanche et rigide pour permettre le vol. L'absence d'intermédiaires pour expliquer les organes est un problème majeur pour les darwinistes. Pierre-Paul Grassé écrivit avec dérision : « Expliquez-moi l'œil, et je vous fais grâce du reste ! »
Darwin écrivit : « Si on arrivait à démontrer qu'il existe un organe complexe qui n'ait pu se former par une série de nombreuses modifications graduelles et légères, ma théorie ne pourrait certes plus se défendre. » Le professeur Richard Goldschmidt, généticien de l'université de Berkeley, reprenant les propos de Darwin, arriva à la conclusion que la théorie de Darwin était indéfendable. Il proposa, en contrepartie, une évolution par saltation, c'est-à-dire par saut. Goldschmidt postula que les adaptations, comme par exemple l'œil, apparaissait soudainement suite à un « accident » génétique qui donnait naissance à ce que Goldschmidt appela « un monstre prometteur ». Cette théorie fut rejetée par la majorité de la communauté scientifique car elle tenait davantage du miracle que de la théorie scientifique. On peut comparer le langage génétique contenu dans l'ADN au langage que nous utilisons : en prenant toutes les lettres d'un livre et en les mélangeant, on obtient à coup sûr un charabia. A l'inverse, la chance d'obtenir un livre ayant du sens à partir d'un ensemble de lettres mélangées au hasard est infiniment faible. L'œil nécessite tellement de modifications que, croire qu'il ait pu apparaître suite à un accident génétique, revient à croire qu'on puisse reconstituer Les Misérables de Victor Hugo en mélangeant des lettres au hasard. En admettant que ce prodige ait pu avoir lieu et qu'un individu d'une nouvelle espèce ait pu émerger subitement, on ait en droit de se demander avec quel partenaire celui-ci aurait-il bien pu se reproduire !


La biologie moléculaire
Les progrès de la biologie moléculaire ont fourni un moyen nouveau de tester la théorie de Darwin. L'étude du cytochrome c, une protéine présente chez tous les êtres vivants (employée à la production de l'énergie cellulaire) révéla que celui-ci était différent chez tous les êtres vivants. En comparant, sur la protéine, le nombre de positions où celle-ci diffère, il était possible de calculer un pourcentage de divergence entre les protéines de chaque espèce.
Si la théorie de Darwin était vraie, on aurait du trouver une séquence de protéines entre les espèces, et donc pouvoir déterminer quelle espèce est l'ancêtre de l'autre. Les résultats de ces études furent déconcertants : toutes les formes de vie, animale et végétale, sont à la même distance moléculaire de toutes les espèce unicellulaires. En d'autres termes, il n'existe aucune trace de la série évolutive poisson, amphibien, reptile, mammifère. Chaque espèce est unique, isolée, et non reliée à d'autres par des intermédiaires ; il n'existe aucune espèce biochimiquement primitive, aucune espèce ne peut être qualifiée d' « ancêtre ».
Afin de sauver leur théorie, les darwinistes ont inventé l' « horloge moléculaire », et prétendu que l'ADN diverge dans le temps selon une horloge interne. Le biologiste moléculaire Michael Denton, dans son livre Evolution : une théorie en crise, explique l'impossibilité d'une telle prétention. On a vu que toutes les espèces animales, comparé à un être unicellulaire, ont un taux de divergence égal de leur cytochrome c. Or, la souris ayant un cycle de reproduction cent fois plus rapide que celui de l'homme, elle devrait avoir un taux de divergence plus élevé que celui de l'homme. De même, le cycle de reproduction de la drosophile est un milliard de fois plus rapide que celui de la cigale, comment peuvent-elles alors avoir un taux de divergence égal ?
Michael Denton ajoute : « Il n'y a, tout simplement, aucune façon d'expliquer l'occurrence d'un taux d'évolution uniforme dans une famille de protéines homologues par le hasard et la sélection ; et même si l'on pouvait avancer une explication pour une famille particulière, resterait encore à élucider la raison mystérieuse pour laquelle les autres protéines auraient évolué à des vitesses différentes. Plus le problème est examiné en profondeur, plus il paraît insoluble en termes de hasard et de sélection.
Comment le processus aléatoire de l'évolution a-t-il pu aboutir à une structure aussi ordonnée que celle du vivant ? Malgré l'absence de réponse convaincante, l'idée du taux d'évolution uniforme est présentée dans la littérature comme si c'était une découverte empirique. L'influence du paradigme évolutionniste est si puissante qu'une idée qui ressemble plus à un principe de l'astrologie médiévale qu'à une théorie scientifique sérieuse du XXe siècle est devenue une réalité pour les biologistes évolutionnistes. »


La conscience
Une autre énigme pour les darwinistes est l'apparition de la conscience au sein du monde animal. Comment un processus matérialiste a-t-il pu donner aux êtres vivants la faculté de penser, d'avoir conscience d'eux-mêmes ? Comment la lutte impitoyable pour la vie a-t-elle pu engendrer des comportements tels que l'altruisme, le sacrifice de soi ?
John Eccles, neurologue et prix Nobel de médecine, écrit dans Evolution du cerveau et apparition de la conscience : « Il est gênant que les évolutionnistes se soient si peu préoccupés de la formidable énigme qu'oppose à leur théorie matérialiste l'apparition du mental au cours de l'évolution des espèces… Le moment est venu où l'on est en droit de dire qu'on ne fait pas disparaître un problème en refusant de le poser… L'apparition de la conscience reste tout aussi énigmatique qu'elle l'est pour l'orthodoxie évolutionniste comme un processus exclusivement naturel au sein d'un monde exclusivement matériel. » Karl Popper, le célèbre philosophe des sciences, ajouta que « l'apparition de la conscience dans le règne animal est peut-être un aussi grand mystère que l'origine de la vie même. »
Le naturaliste Alfred Russel Wallace, qui a formulé la théorie de l'évolution en même temps que Darwin, ne pensait pas que celle-ci soit exclusivement guidé par un processus matérialiste, mais qu'« un chrétien qui accepte l'évolution de l'homme par la sélection naturelle doit ajouter que l'homme a des attributs spirituels, le bien et le mal, qui ne résultent pas de l'évolution, mais sont d'origine surnaturelle. »


Pourquoi la théorie de Darwin a-t-elle autant de prestige ?
20 ans après la publication de l'Origine des espèces, la théorie de Darwin fut élevée au rang de dogme alors même que Darwin, n'ayant pu expliquer l'absence des chaînons de transition, était de plus en plus sceptique quant à sa validité.
Nous avons vu que la théorie de Darwin s'accorde parfaitement avec la micro-évolution, c'est-à-dire avec les changements mineurs tels que la couleur, la forme du bec, la taille, etc.… L'élargissement de cette théorie à la macro-évolution relève, en revanche, plus de la croyance que de la science : Elle est incapable d'expliquer la formation d'espèces nouvelles, pas plus que la formation d'organes nouveaux. Elle est en contradiction avec l'apparition soudaine des espèces et les données de la biologie moléculaire. Elle ne peut expliquer ni l'apparition de la première forme de vie ni de la conscience. Alors pourquoi la théorie de Darwin a-t-elle connue tant de succès, pourquoi fut-elle enseignée à des générations d'écoliers, pourquoi influença-t-elle tellement notre vision du monde au 20ème siècle ? - Parce qu'elle est l'unique théorie matérialiste pouvant rendre compte des origines de la vie. Abandonner la théorie de Darwin revient à abandonner toute compréhension matérialiste de la vie. Les paléontologues et les biologistes darwinistes ont toujours essayer de l'illustrer par leurs travaux sans jamais la remettre en question, sans jamais vérifier par l'examen si la théorie était, oui ou non, possible : Etant la seule alternative possible pour les matérialistes, cette théorie devait forcément être vraie !
Ainsi Richard Dawkins, darwiniste convaincu, n'a pas de scrupules à écrire dans le Gène égoïste : « La théorie est aussi peu douteuse que le fait que la Terre tourne autour du soleil. » Non, si l'évolution des espèces est un fait constaté par la paléontologie, la théorie de Darwin n'est qu'une théorie essayant de rendre compte de cette évolution, par le biais d'un processus exclusivement matérialiste : la sélection naturelle. On a vu que la sélection naturelle ne s'accordait pas avec les faits, mais, plutôt que de rejeter leur théorie, les darwinistes ont préféré rejeté les faits, adoptant une attitude relevant plus du dogmatisme religieux que de la démarche scientifique. Dans Problems of Empiricism, Paul Feyerabend écrit en parlant du mythe darwinien de l'évolution qu' « il continue d'exister uniquement par suite des efforts de la communauté des croyants et de ses chefs, ces prêtres aujourd'hui consacrés par le prix Nobel. Son succès est entièrement fabriqué. »



bonus track 1 :

Le mystère des origines de la vie

Il est un problème infiniment plus complexe à résoudre pour les partisans d'une évolution matérialiste : l'apparition de la première forme de vie. Comment s'est effectué le passage entre la matière inerte et le vivant ? Contraint d'avoir recours à une hypothèse matérialiste, les darwinistes ont imaginé que la Terre était autrefois composée de ce qu'ils appellent une « soupe prébiotique », c'est-à-dire de composés organiques de base qui aurait pu former, en présence d'une atmosphère réductrice, les composants chimiques nécessaires à la formation d'une cellule. Cette spéculation n'avait aucune base empirique et est aujourd'hui contredite par l'examen des faits : si ce scénario était vrai, la présence de composés organiques abiotiques - c'est-à-dire non créés par une forme de vie - aurait du laisser une trace dans les roches, il n'en est rien. De même les données géochimiques de la planète révèlent que l'atmosphère de la Terre primitive n'était pas réductrice, celle-ci est pourtant indispensable à la formation des composés organiques.
En imaginant que cette « soupe primitive » est effectivement existé, le problème ne serait pas résolu pour autant. La plus simple des cellules possible est beaucoup plus complexe que n'importe quelle machine jamais fabriquée par l'homme. Hoyle et Wickramasinghe, dans Evolution from space, ont calculé que la probabilité que l'ensemble des protéines nécessaires à la formation de la première cellule soit synthétiser et rassembler était de 1 chance sur 1040 000 (un 1 avec 40 000 zéros derrière !), « soit une probabilité d'une faiblesse inconcevable qu'on ne pourrait pas surmonter même si tout l'univers consistait en une soupe organique. » Hoyle ajoute que le fait qu'un organisme vivant émerge par hasard d'une soupe prébiotique est aussi improbable que le fait qu' « un ouragan, balayant le hangar d'un ferrailleur, assemble un Boeing 747 à partir des matériaux disponibles. » Francis Crick, qui a reçu le prix Nobel pour avoir découvert l'ADN, écrivit dans Live itself, qu' « un honnête homme armé de tout le savoir dont nous disposons actuellement ne pourrait pas aboutir à une autre conclusion : dans un sens, l'origine de la vie apparaît presque aujourd'hui comme un miracle. »



bonus track 2 :

La thermodynamique, le hasard, et l'Esprit

Selon les darwinistes, l'apparition de la première cellule vivante, la diversification de la vie jusqu'à l'homme, et l'apparition de la conscience ne sont que les fruits d'une série de hasards ! (« Le hasard, disait Albert Einstein, c'est Dieu qui se promène incognito ! ») Tous ces hasards successifs sont peu conciliables avec le second principe de la thermodynamique, appelé loi d'entropie, qui énonce que tout va vers le désordre. Pour imager ce principe, un château de sable disparaîtra peu à peu sous l'effet du vent, mais jamais un château de sable ne se formera sous l'effet du vent. Or, la vie est un phénomène extraordinairement complexe et ordonné, comment a-t-elle pu apparaître ? Ne faudrait-il pas considérer l'intervention d'une force spirituelle qui dirige et ordonne l'évolution : l'Esprit ?

Les OGRES s'enfoncent...

extrait de leur "forum" :


et les victimes des émeutes !!!!!
2 janvier 2006 , par Visiteur Nouveau [Synoptique]
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et les victimes des dernières émeutes tu nous en parle ? la dame handipée brulé volontairement dans un bus , un pére de famille assassiné devant sa petite fille fille de 8 ans celà te choque pas toi ??

Répondre à ce message


Des victimes, il y en a toujours
2 janvier 2006 , par Visiteur Nouveau [Synoptique]
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C’est triste et nous le déplorons tous. Cependant, on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Des morts il y en a eu pendant la Révolution de 1789, pendant la Commune de 1871, pendant mai 68... Les soulèvements populaires ne se font pas la fleur aux dents !!!!










no comment...

Moins pénible au soleil?

Déjeuné à Sanary aujourd'hui. En rejoignant le parking, nous croisons un clochard qui, pour une fois, serait mieux nommé par l'infecte expression administrato-hypocrite "SDF".
Il nous dit bonjour. ça part mal. J'ai toujours eu horreur de ces indigents qui se prennent pour des portiers à la poste, ou qui vous exige un "bonjour". C'est vrai, quoi! Est-ce qu'on dit bonjour à tous les gens qu'on croise dans la rue et qu'on ne connait pas? Pourquoi devrait-on faire une exception pour les pauvres?
Malgré tout, je n'arrive pas à refuser, cette fois, de lui rendre son salut. Est-ce que parce que cet homme grand, distingué sous sa barbe de trois jours et son pull jaune me fait bonne impression? Est-ce par mauvaise conscience (que je n'ai aucune raison d'éprouver, je suis rmiste, moi, monsieur!)?
Bref, je lui propose une cigarette, qu'il accepte. Et la discussion s''engage. Comme toujours, j'évite le pathos pour aller droit au pratique.

-Vous avez le RMI?

-Non, je n'ai pas d'adresse.

-Vous avez des parents, des amis qui pourraient vous éberger?

-Non...plus de parents, et pas d'amis... Je n'aime pas les amis, ils m'ont poignardé au pire moment, je n'en veux plus.

-Et vous pourriez trouver un logement via une association? Ainsi, vous auriez une adresse, puis le RMI et vous pourriez peut-être reconstruire quelque chose?

-Ici à Sanary, à Bandol, à Toulon, les municipalités freinent pour tout ça.

-...


Je ne sais que dire, et nous le quittons, mais ça me travaille. Putain, ça m'énerve même. On me dit souvent de m'intéresser moins à la politique, que "la vraie vie" est ailleurs, mais bordel! ce type est dans la merde noire parce que les politiques ne font pas leur boulot! Les libéraux le laisseraient crever la bouche ouverte ("soyez des nôtres, soyez des nôtres ou crevez, misérables!"). Et les "socialistes" soutiennent des associations à la con, source inépuisable de clientélisme, accroissent l'immigration, l'intégration dans le carcan stato-bruxellois, la gay-parade et la techno-pride, les lois pour "reconnaitre" les massacres de la Saint-
Barthélémy ou la destruction de Montségur, mais du socialisme, du vrai, que dalle!


Il serait pourtant simple de faire en sorte que la Poste, organisme public, alloue des boites postales aux SDF de chaque commune, au lieu de concurrencer les banques! Il serait pourtant simple que les divers organismes (CAF, ASSEDIC, CPAM, RMI, secours social) soient regroupés dans les principales villes des départements au sein d'un même immeuble (de préférence un bel immeuble d'architecture locale). Cela supprimerait des postes doublon, effrairait moins les demandeurs et simplifierait la vie de tout le monde!
Mais non! "Perte de clientèle" pour le PS, "assistanat" pour les libéraux. Et ce pays de cons va encore voter UMPS en 2007 et discute du sexe des anges, des discussions sous la couette des Hollande-Royal ou de la psychologie de Sarko!

Pas un parti économiquement socialiste dans ce pays (et donc nationaliste, par définition), pas un! Tous européens! tous girondins! tous sociaux-libéraux! (mis à part bien sûr les pantins croix-de-feu de droite et les guignols trotskos de gauche).

02/01/2006

Cuba, Vénézuela, Argentine, BOLIVIE!

Article très intérressant d'un socialiste moins con que les autres : Gérard Filoche :


« La Bolivie change de président » c’était le titre neutre en « une » du Monde fin octobre 2003 ! (« plus inodore, tu meurs... » nous l’avions dénoncé dans D&S n°109 octobre 2003 )

Ce jour-là, en 2003, l’armée bolivienne avait tiré à la mitrailleuse lourde contre une manifestation de paysans- faisant autour de cent morts... Ce fut la cause de la chute précipitée du président de grande coalition libérale droite-gauche, De Lozada obligé de partir se réfugier avec toute sa famille à Miami... laissant son second, Carlos Mesa essayer de privatiser à son tour, entre 2004-2005, les immenses ressources de gaz naturel récemment découvertes.

Résistant victorieusement en dépit de toutes les pressions, de tous les piéges, en trois ans de lutte sociale, le peuple bolivien a pris son avenir en main contre les multinationales Bechtel, Trade Development Agency, Repsol-YPF, British Gas, BP Amoco, Exxon, transnationales qui forment le groupe « Pacific LNG » mais aussi contre Suez, la Lyonnaise des eaux, Vivendi.

C’est un des rares triomphes dans le combat anti mondialisation libérale.

Carlos Mesa soutenu par le monde libéral entier, a perdu à son tour le 6 juin 2005.




Le 18 décembre 2005 la gauche, le « Mas », l’indien aymara Evo Morales, fait sans précédent, viennent de l’emporter nettement aux élections présidentielles... C’est une révolution plus grande et plus forte que toutes les anciennes tentatives guérilleristes qui ont si longtemps ruiné l’avant-garde sociale de ce petit pays de 9 millions d’habitants.

Mais il y a peu de chances qu’on nous permette de comprendre, en France, ce qui se passe là-bas : aucun média ne semble prendre la voie de la réflexion sur ce qui se passe de commun au Vénézuela, en Equateur, en Argentine, au Chili, en Uruguay, et en Bolivie...




Le « Monde » du 25 décembre 2005, recommence 2003 et présente en 2005, les choses ainsi : « En Bolivie, le pouvoir sera bientôt entre les mains des cocaleros (cultivateurs de la feuille de coca) »

Pourquoi occulter, dénaturer ce qui se passe ainsi en Bolivie depuis des années ? On va le voir, ci-dessous, c’est parce chaque bataille sociale de ce petit pays pauvre nous concerne : elle concerne la lutte contre la mondialisation libérale, pour des services publics, pour les retraites, l’eau, le gaz...

Bolivie :
Superficie : 1 099 milliers de km2
Population : 8,5 millions (2001)
PNB : 8,1 mds de dollars (2001)
PNB/hab : 950 dollars (2001)
Croissance : 1,2 % (2001)
Budget. Education : 4,9 % du PNB
Service de la dette : 31,1 % des exportations
Mortalité infantile : 60 pour mille naissances
Espérance de vie : 63,1 ans
Indice de Développement Humain : 114e rang mondial sur 173 pays
IPF : 55e rang mondial sur 173 pays
Budget Défense : 300 millions de dollars (2001)
Armée : 31 500 actifs





Le trésor du gaz : privé ou public ?

La Bolivie, deux fois grande comme la France, était dirigée depuis toujours par une infime minorité blanche, secouée de coups d’état permanents, malmenée par vingt ans de dictatures brutales et corrompues, et autant de réformes néolibérales qui ont fermé les mines d’étain, ruiné les paysans, détruit retraites et systèmes sociaux, accru les inégalités. Deux tiers des Boliviens vivent sous le seuil de pauvreté, plus de la moitié des habitants n’ont pas accès à l’électricité, ni à l’eau.

Mais une découverte fabuleuse a tout changé depuis 1997 : d’immenses gisements de gaz naturel (deuxième en Amérique latine) ont été identifiés et peuvent faire sortir ce pays de l’ornière, à condition, bien sûr, d’être exploités dans l’intérêt collectif des boliviens. Les multinationales américaines, britanniques et françaises se sont ruées sur ces nouvelles ressources et ont entrepris de s’en emparer, déclenchant en retour un soulèvement populaire, profond, répété, conscient de l’importance de les conserver au service de tout le peuple...

C’est cette volonté populaire qui vient, en trois ans, de gagner dans les rues puis dans les urnes, c’est un mouvement profond et mûr qui vient de loin (cf. chronologie ci-dessous) : il a conduit de multiples combats pour défendre les mines d’étain, les retraites, l’économie mixte, les « guerres de l’eau », et maintenant les hydrocarbures, les deux « guerres du gaz »...

Il a résisté en 2003 à une sanglante répression, et depuis, il a chassé deux « présidents », gagné un référendum, et enfin la présidentielle. Ils savent dire « non » quand il faut, cela devrait plaire aux français !




La prochaine conquête - une vraie assemblée constituante - pourrait être décisive.

D’autant qu’une Bolivie rompant avec le modèle néolibéral disposerait d’atouts non négligeables en Amérique latine actuelle. Lula et Chávez ne cachent pas leur sympathie pour le Mas. Le Brésil - qui importe bonne part du gaz bolivien - et le Venezuela seraient des partenaires de choix pour développer ce secteur. Evo Morales, se rend vendredi 30 décembre 2005 à Cuba pour son premier voyage à l`étranger. De chez Fidel Castro, le futur président Morales se rendra ensuite dans plusieurs pays européens, notamment la France et l`Espagne. Il ira ensuite en Afrique du Sud, où il rencontrera l`ancien président et prix Nobel de la paix Nelson Mandela. A compter du 13 janvier, il se rendra aussi au Brésil, avant d’entrer en fonction le 22 janvier 2006.

La soif d’hydrocarbures des économies capitalistes peut les amener à composer avec le nouveau pouvoir d’Evo Morales dans le but de l’affaiblir, de le diviser, de la corrompre. Déjà les multinationales pilleuses annoncent plaintes et procès, sabotages aussi. Un boycott du type de celui subi par Cuba peut-il se produire ?

L’exemple vénézuélien témoigne que ce n’est pas si facile : l’’or noir fait sert de boussole idéologique à la politique Bush. Mais de Quito à Santiago, Buenos Aires, Caracas, une ère nouvelle s’ouvre, menaçante pour les chefs Etats-uniens, et l’histoire a démontré qu’ils étaient capables de tout depuis très longtemps pour maintenir leur « ordre » en Amérique latine, coups d’état, assassinats, blocus, sabotages...




Evo Morales et Alvaro Garcia Linera, Felipe Quispe, le Mas et le Mip, Jaime Solares et la Cob :

« Evo » Moralés est un Aymara des haut-plateaux andins, il a grandi parmi les indigènes quechuas et les petits Blancs du Chapare tropical, il est né à la lutte sociale parmi les paysans, déjà député. Il était déjà arrivé deuxième de la présidentielle de 2002 avec 21 % des voix.

Il symbolise l’espoir de tous les laissés-pour-compte du pays. L’immense majorité est d’origine amérindienne et habite la campagne où les immenses banlieues des grandes villes, principalement dans l’ouest du pays.

Ce sont eux qui ont chassé les présidents Gonzalo Sanchez de Lozada en octobre 2003 et Carlos Mesa en juin 2005. Au grand dam des 20 % de Boliviens qui se partagent la moitié du revenu national, regroupés, eux, au coeur de La Paz et dans les provinces de l’est (qui menacent artificiellement de sécession). Evo Morales, cultive les valeurs amérindiennes, tout en portant ses vieux t’-shirts du « Che » : on le dit radical, pragmatique, têtu, à l’écoute des masses, hostile à l’ingérence étasunienne et avec le Mas, il a bénéficié, du discrédit des partis traditionnels dont certains sont liés aux nôtres, en France.




Majoritaire au Parlement arbitre du deuxième tour, la droite est divisée. Déjà la coalition qui avait fait tirer à la mitrailleuse lourde sur les manifestations d’octobre 2003 rassemblait tout ce qui était haï et vient d’être chassé. Au point que l’ex-président « Tuto » Quiroga, battu le 18 décembre avait dû s’inventer un nouveau parti « Podemos » (« Nous pouvons ») pour faire oublier son appartenance à l’Action démocratique de... l’ex-dictateur Hugo Banzer. Troisième avec moins de 10 %, l’entrepreneur « centriste » Samuel Doria Medina a déjà assuré Evo Morales de son soutien (à double tranchant),au vu de son avance en voix.

Même le commandant en chef de l’armée appelle les futurs députés à élire le vainqueur du premier tour ! L’amiral Marco Antonio Justiniano sait trop bien qu’un résultat contraire pourrait déboucher sur une grave crise sociale. Face à un Parlement présumé hostile et aux velléités sécessionnistes des riches provinces de Santa Cruz et de Tarijá, la tâche d’un éventuel gouvernement du MAS ne sera donc pas aisée.

Le Parlement étant acquis à ses adversaires, Evo Morales ne peut, dans un premier temps, compter que sur la pression populaire. Morales dispose du soutien des organisations de base, syndicats et associations boliviens même si la direction de la Centrale ouvrière (COB), (mineurs), et le Mouvement indigène Pachakuti, dirigé par Felipe Quispe, sont des partenaires conflictifs face à l’hégémonie du MAS.

La COB, dirigée par Jaime Solares, est la plus radicalement engagée dans ce combat pour la nationalisation du gaz. C’est une réapparition de la COB au premier plan de la vie politique bolivienne dans les deux dernières années celle-ci semblant s’être remise de l’affaiblissement numérique qu’ont entraîné les réformes brutales de 1985. Un des éléments permettant d’analyser ce phénomène réside sans doute dans la nouveauté que constitue l’arrivée à la tête de la centrale d’une direction combative, d’autant plus émancipée des enjeux d’appareils politiques que la gauche « politique » n’a plus qu’une existence embryonnaire.

En soutien aussi : la centrale syndicale de travailleurs paysans de Bolivie (CSUTCB), le Conseil national des ayllus et Margas (CONAMAQ), les centrales syndicales des peuples indigènes de l’est de la Bolivie, le Mouvement des sans-terre, l‘Assemblée du peuple Guarani, la Fédération des Juntas Vecinales de El Alto (FEJUVE), et des centaines de syndicats paysans de toute la Bolivie. La fameuse Coordinadora del Agua de Cochabamba de la « guerre de l’eau », se dit prête,à faire bloc derrière un gouvernement du MAS. Le sociologue et ex-guérillero Alvaro García Linera qui figure sur le ticket présidentiel d’Evo Morales incarne un rapprochement avec les cercles progressistes urbains.




En fait, comme au Vénézuela, le « ménage » peut être fait : proposant de créer une nouvelle démocratie, par la convocation d’une Assemblée constituante, Evo Moralès et le Mas, et le « Mouvement indigène Pachacuti » (Mip) de Felipe Quispe peuvent rénover toute la vie politique bolivienne, redonner la place majoritaire qu’ils méritent aux amérindiens. L’idée de la future assemblée constituante a été largement accepté lors de la crise de juin 2005. A l’instar d’Hugo Chávez lors de son premier mandat à la tête du Venezuela, Evo Morales espère y puiser la légitimité pour transformer en profondeur les institutions. Une « Révolution politique » ou une « décolonisation de l’Etat », selon les termes de l’intellectuel sociologue García Linera, vice-président d’Evo Morales.




Un programme pragmatique :

Théoricien du Mas, Garcia Linera se veut pragmatique : nationaliser les hydrocarbures comme l’ont exigé les citoyens l’an dernier par référendum. Avec les immenses profits escomptés - les exportations de gaz représentent 10 % du produit intérieur brut (PIB) bolivien - l’Etat renforcé devrait « articuler » les trois types de production coexistant en Bolivie, à savoir les économies communautaire, familiale et industrielle. Un équilibre en mouvement, que le sociologue appelle « capitalisme andin-amazonique ».

Parmi les projets concrets, il est question de la création d’une banque des technologies, du développement du micro crédit, une loi de promotion des petites et moyennes entreprises (PME) et des coopératives, un plan de lutte contre la spéculation foncière et la titularisation des terres communautaires. Le ticket Morales-Linera propose aussi un système de sécurité sociale de santé, la légalisation et l’assainissement des quartiers périurbains (bidonvilles) et une réforme scolaire garantissant la gratuité, l’égalité de genre et la pluriculturalité.

Pour tout cela, le MAS mise sur les revenus des hydrocarbures et une fiscalité progressive, mais également sur un Etat frugal dans son fonctionnement. Déjà lourdement endettée, la Bolivie perdra les millions versés chaque année par Washington ainsi que les appuis du Fmi, de la Banque mondiale. Le système est tellement « pourri » internationalement (genre projet de constitution Giscard pour l’Europe) qu’il permet de multiplier les procès au nom de la « protection internationale des investissements ».

C’est ainsi que les multinationales ont fait procès pour l’eau à Cochabamba et à El Alto. Il faudra aussi que l’Etat trouve les fonds pour développer les infrastructures gazières.

Comme au Venezuela, la gauche pourrait aussi être victime de la fronde sans foi ni loi des élites économiques et technocratiques, promptes à saboter un gouvernement défavorable à leurs intérêts. A contrario, le mouvement social possède trop peu de cadres...

Enfin, la droite agité récemment l’hypothèque du séparatisme des riches provinces orientales. Après avoir profité durant des décennies des bénéfices miniers pour développer leur région, les élites de Santa Cruz et Tarija ne veulent plus entendre parler de solidarité nationale. Malgré l’appui croissant des indigènes guaranis à Evo Morales, les plaines de l’Est font figure de refuge pour les clans bourgeois hostiles.




Malgré ces périls, un changement en profondeur de la Bolivie est désormais possible. Le courant progressiste incarné par Evo Morales est fortement structuré, pacifique malgré la répression, s’appuyant sur une base aussi lucide politiquement que parfois incontrôlable, le mouvement social bolivien n’a pas jeté les transnationales Bechtel de Cochabamba et Suez d’El Alto ainsi que deux présidents en moins de cinq ans par hasard ! Ce n’est pas la vieille théorie finalement exangue, de la « lutte armée », ni celle du « foco » guevariste qui comptera mais la prochaine conquête - une vraie assemblée constituante - pourrait être décisive.

Gérard Filoche, pour D&S n° 131 janvier 2005 ( vous savez la revue mensuelle, 14° année, qui ne parle pas que du droit social français) www.democratie-socialisme.org




Post-Scriptum

Le gaz vient d’être partiellement privatisé en France. Ses prix ont augmenté de 4 % et il est envisagé jusqu’à 13 % de hausse et 6 000 emplois en moins pour complaire aux nouveaux actionnaires. Le coût du gaz et l’électricité augmenteront davantage au détriment des usagers français comme cela a été le cas, avec fraude spectaculaire aux fameux principes de la « concurrence » pour le téléphone. Les salariés d’Edf-Gdf se verront reprendre leurs acquis, leurs retraites, leur compagnie se lancera dans des spéculations, le service public régressera. Tout le monde le sait : mais les libéraux n’ont que faire de l’intérêt général, et ne sont guidés que par le profit maximum immédiat, sans plan, ni vision à long terme.

Voilà ce que les boliviens espèrent s’épargner, en contrôlant leurs ressources hydrocarbures, leur exploitation, en empêchant le pillage pour le compte des multinationales.

- Ce combat là-bas est le notre !

01/01/2006

La Russie est de retour!

A la tête du G 8, Moscou rêve de grandeur

Le sommet des 8 se déroulera l'été prochain à Saint-Pétersbourg sous la présidence de Vladimir Poutine

Irina de Chikoff
[31 décembre 2005]

JUSQU'AU DERNIER coup de minuit, ils se seront fait peur. Les Russes ne peuvent s'en empêcher. A la fois par superstition et goût du drame. Parce qu'ils savent aussi que la perspective de voir Moscou prendre, le 1er janvier, la présidence du G 8 pour toute l'année 2006 fait grimacer en Occident. On y parle déjà de «parodie», voire de «sinistre farce». Depuis des semaines, quelques Cassandres prévoyaient le pire. Le conflit qui oppose Moscou à Kiev sur les tarifs du gaz russe ne survient pas au moment le plus opportun. La démission, pas plus tard que mardi, du dernier des Mohicans libéraux, Andreï Illarionov, de son poste de conseiller économique du Kremlin a également donné le frisson aux prophètes du malheur. Et si, au dernier moment, un troisième incident de parcours allait briser le rêve ?


Au Kremlin, le chef de l'Etat n'est pas inquiet. Vladimir Poutine s'apprête même à savourer sa victoire. Il sait qu'il est trop tard pour changer de cap. Ni l'Ukraine, ni aucun trublion ne peuvent plus nuire à la Russie. Nul ne parviendra à lui ôter le plaisir de jouer à l'Amphitryon en organisant au mois de juin prochain le sommet des 8 pays les plus développés de la planète. La réunion aura lieu à Saint-Pétersbourg dans le Palais Constantin de Strelna.


Seul obstacle au bonheur absolu, la Russie n'est toujours pas intégrée aux réunions des ministres des Finances et des dirigeants des banques centrales. Pour tout ce qui concerne les affaires économiques globales, la politique monétaire et le commerce mondial, le club reste un G 7. La Russie n'y est conviée que comme observateur. Ce qui enrage le Kremlin. «VVP», comme on surnomme Poutine, compte profiter de sa présidence pour renverser cet ultime obstacle en se faisant reconnaître comme le «centre énergétique du monde».

Confirmer son rôle de puissance mondiale


Après l'effondrement de l'URSS, la Russie a eu le droit au début à un strapontin aux côtés de l'élite mondiale du G 7, mais, en 1994 à Naples, Boris Eltsine s'est installé dans un fauteuil, et en 1998 le G 8 a été entériné. Le groupe, informel, sans secrétariat et sans règlement sinon tacite, est présidé à tour de rôle par un de ses membres. La Russie succède à la Grande-Bretagne, car Gerhard Schröder, tandis qu'il était encore chancelier, avait cédé sa place à Vladimir Poutine. L'essentiel de la présidence consiste à organiser le sommet annuel du club et ses réunions ministérielles en définissant des priorités.


Celles du chef de l'Etat russe sont centrées sur la «sécurité énergétique», mais il compte aussi mettre en avant la politique migratoire, la lutte contre le terrorisme, l'aide aux pays pauvres et plus particulièrement aux Etats d'Asie centrale qui faisaient partie de l'Union soviétique. Mais, par-delà les sujets qui seront débattus entre «grands», ce qui importe le plus à la Russie, c'est de confirmer son statut de puissance mondiale et de retrouver le rôle international qu'elle estime être le sien. Qu'elle n'aurait jamais dû perdre.


Les critiques sur le manque de démocratie, la guerre en Tchétchénie, la «verticale du pouvoir», la centralisation, l'absence de liberté de la presse, la nouvelle loi sur les ONG ? Broutilles ! Président du Comité parlementaire en charge des affaires étrangères, Constantin Kossatchev balaye d'un geste hautain tous les reproches. Ils sont, selon lui, le fait de «politiciens isolés, marginaux». Et n'ont aucune influence sur les chefs des Etats membres du G 8 ou leur gouvernement. Aux Etats-Unis, un lobby a bien essayé de mettre des bâtons dans les roues de la «telega» (1) russe. En vain. On ne rejette pas un pays qui fournit la moitié du gaz et un tiers du pétrole consommés par l'Union européenne.


Dans la nuit de samedi à dimanche, lorsque sonneront les 12 coups de minuit, pour le Kremlin, c'est «l'heure de la Russie» qui va résonner. Le temps de sa gloire.








Et voilà!

Comme dirait le directeur sportif de la ONCE, Manolo Saiz, Poutine a mis un doigt au cul des orangistes pro-US de Kiev!


bonne année, les libéraux!

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