« 2006-03 | Page d'accueil
| 2006-05 »
22/04/2006
Etat des forces en présence - triomphe linganien
Idéologiquement, les choses ont pas mal bougé depuis les années 90.
Rappelons-nous des forces en présence à l'époque, circa 1995
- Un courant ultradominant, écrasant, le social-libéralisme, incarné par l'Empereur Clinton : l'heureuse mondialisation se poursuivra ad vitam aeternam, mais il faut continuer la politique d'ouverture des marchés, favoriser le commerce international, privatiser, mettre fin aux monopoles (inefficaces, forcément inefficaces...) de l'Etat, laisser libre court à l'immigration, lutter pour le développement de la démocratie représentative dans le monde,etc. Vous connaissez ça par coeur.
- Un courant de gauche, moins important, mais décisif dans le système, car faisant figure d'opposition véritable (alors que cette gauche n'est qu'un comparse). Globalement, cette gauche prônait les mêmes valeurs que les libéraux, mais en refusant les baisses massives d'impôts et la liquidation du service public (exemple-type : Jospin). Leur axe de propagande venait plutot du domaine sociétal (à l'aide de leurs complices d'extrême-gauche, type Laguillier-Besançenot), et favorisait le communautarisme (Couleurs de peau, préférences sexuelles, féminisme bêlant, régionalisme, etc.)
- Un courant national-populiste prônant la fin de l'immigration et le protectionnisme, mais ne remettant jamais en cause les principes mêmes de l'économie libérale. Ce courant à toutefois évolué sociologiquement entre les années 80 (époque du FN typiquement poujadiste, pro-Reagan) et le milieu des années 90 (lorsque les ravages de la mondialisation libérale commençaient à produire leurs effets). En 1995, l'électorat FN s'était massivement prolétarisé. On doit rendre justice à Le Pen d'avoir senti ce tournant : il ne s'est pas trompé sur la signification des événements de 1989 en prenant fermement position pour l'Irak en 1990. Ce qui lui a valu le départ des éléments les plus libéraux de son mouvement, tels Monnerot.
Ces trois courants ont radicalement évolués depuis dix ans.
- Les libéraux se sont radicalisés au sein du mouvement néoconservateur, créé par des intellectuels venus du trotskysme -et ce n'est pas un hasard, le trotskysme étant l'élément le plus radicalement proche du libéralisme à l'interieur de la mouvance communiste, par son adoration du mondialisme. Bien avant leur prise du pouvoir en 2000 avec l'élection de l'empereur Bush II, ils avaient lancé des ballons d'essai du type A.M.I. et été à l'origine de la création de l'OMC.
- La gauche a explosé. Son électorat, même au sein de la fonction publique et des cadres moyens, ressentant de plus en plus fort les vagues menaçantes du libéralisme mondialisé, l'a abandonné. Incapable de proposer une alternative, c'est devenu une coquille vide,s'opposant aux libéraux comme des morts-vivants marmonnant leurs incantations (citoyen, république, pouvoir d'achat, liberté, blablabla). La raison en est fort simple : la gauche sait consciemment ou pas, que leur ancienne doctrine, le socialisme, est inséparable du nationalisme, dont ils ne veulent à aucun prix. Leur seule option est du type "nous, c'est les autres, mais en plus gentils".
Bref le programme de la gauche, c'est l'infirmerie de campagne pendant que la guerre économique continue.
- L'extrême-droite s'est divisée en deux.
D'un côté, les lepénistes, toujours plus antiaméricains, mais incapable de concevoir (parallèle troublant avec le centre-gauche) que le nationalisme est incompatible avec le libéralisme, dans les conditions actuelles.
De l'autre côté, les Mégretistes, la branche raciste du mouvement, fortement prosioniste, proaméricaine, bref, prooccidentale (filiation évidente avec le mouvement Occident cher à Madelin, Longuet et autres). Ils se vautrent dans le courant néoconservateur, espérant y trouver enfin la légitimité et la respectabilité au sein du système (mais Mégret n'est pas Gianfranco Fini). Leur porte-étendard est Maurice Dantec, et toute une galaxie de jeunes aux dents longues, bloggers, revue Tsintsoum, etc. Un écrivain comme Renaud Camus se situe presque dans cette tendance, mais avec des pincettes.
Deux courants ont émergé au cours de cette dernière décennie, tous originaires de la gauche, en réaction à l'offensive libérale
-d'une part, les altermondialistes, dont les "têtes de série" sont Naomi Klein, José Bové et (mais de manière plus ambigüe) le patron d'ATTAC, Jacques Nikonoff.
Il est clair que les altermondialistes n'ont aucune chance de prendre le pouvoir puisqu'ils utilisent le même discours que leurs adversaires supposés (le mondialisme), le tout à la sauce libertaire soixante-huitarde. Témoin de ce décalage, un type comme Maxime Vivas, ancien de la LCR du PCF, étonné du soutien de son idole Chavez au gouvernement français lors des émeutes de la racaille. Manifestement, Vivas a du mal à comprendre ce qu'est un Etat : la violence légitime et la mission primordiale de protéger ses citoyens.
Quand au programme économique des altermondialistes, à part souhaiter (comme H.G. Wells en 1890!) un gentil gouvernment mondial (avec sans doute Voynet à sa tête -vous imaginez un peu...), c'est du vent.
-Deuxième courant, les décroissantistes. Leur thèse s'appuie sur le fait qu'une croissance annuelle de 2% n'est pas possible à long terme, ni même souhaitable, par le stress, le gaspillage et la pollution qu'elle entraîne. Leur atout : le peak oil. (je suis sûr que vous avez commencé à en entendre parler, il était temps!). La fin du pétrole entrainera la fin du modèle libéral, mondial et américain.
Problème : ce courant est infesté d'ayathollas qui voudraient bien sulfater tous ceux qui ont un animal domestique, une télé, un paquet de cigarettes ou un ordinateur. Le rêve de ces extrémistes, c'est Ravage, de Barjavel, les joies de la société "d'abondance" du néolithique.
Il est pourtant évident que la fin du pétrole, dans le pire des cas, nous ramènerait en 1850, pas en l'an 10 000 avant le Christ!
Bref, après cette trop lapidaire analyse, on constate qu'aucune tendance idéologique n'est apte à canalyser les forces qui vont advenir avec la fin de la mondialisation et du pétrole.
Du moins en France.
Car en Amérique latine, les succès de Chavez et de Morales montrent la voie que nous prendront tôt ou tard (et plutot tôt, je pense, une intuition...) à savoir un social-nationalisme (ou l'inverse, on sait bien que je ne parle pas ici de l'impérial-racisme d'Adolf) soucieux d'écologie et n'ayant pas oublié l'échec du marxisme.
Dans le domaine de la pensée en France, des hommes comme Taillandier, Soral ou Michéa pourraient bien être les porte-paroles de ce courant. (à condition d'éviter l'écueil fadasse du social-républicanisme mou genre Chevènement, qui n'est rien d'autre qu'un altermondialisme en costard gris).
J'attend les cosaques de Poutine et le barril à 100 dollars...
09:10 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
09/04/2006
...Et pour une fois, le méchant du film est américain!
Bien évidemment censuré par les sites et hebdomadaires consacrés au cinéma (qui pourtant ne tarissent jamais d'éloges sur de chiantissimes films iraniens ou coréens, bien "lêchés", bien inoffensifs pour l'Ordre Mondial) de notre belle République Française Démocratique des Droits de l'Homme et du Citoyen (respirez !), La Vallée des Loups connait un succès souterrain (vous pouvez le voir au Cinéma du Monde, 42 boulevard Bonne Nouvelle, dans le 10e) en France. Un Turquie et en Allemagne, il a connu un succès populaire à tel point que Stoïber et Merkel ont voulu interdire la diffusion. Ach !
Pourquoi ?
Parce que dans le film le méchant est Américain !
Scandale !
N'importe quoi n'est-ce pas ? Nos braves GI's (dont la télé française, soi-disant américanophobe, nous dresse systématiquement des portraites émouvants...de braves gars venus de Géorgie, quoi, les petits fils de ceux qui sont venus nous sauver en 44 (genre !)) ne pourraient jamais accomplir de tels forfaits.
Falloudja ? C'est quoi Falloudja ?
Comme le dit Nabe, la vérité (fut-elle turque) est un acide corrosif.
Allez voir ce film, bordel !
Comment? vous êtes encore là ? Au film, schnell ! (comme dirait la Merkel)
13:20 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
08/04/2006
Tout l'amour d'Israel pour l'Europe en 1 article
Voici un article paru sur le site israel-diaspora.info. Pour des raisons évidentes de copyright, et parce que je ne tiens pas à souiller Lingane, je ne vous propose que l'extrait, qui démontre tout l'amour de la droite israélienne pour l'Europe en général et la France en particulier. Un texte à faire lire aux petits cuistres néoréacs et autres fans du mongolien montréalais...
Le non français à la Constitution européenne doit être analysé comme une bonne nouvelle par Israël. Il y a à cela une raison simple : cette Constitution avait pour ambition de transformer une Europe, essentiellement économique jusqu'à ce jour, en une force politique avec les symboles d'un Etat européen, un Président, un gouvernement, et un Ministre des affaires étrangères parlant au nom de toute l'Europe, en particulier dans le conflit israélo-arabe. Or sur le plan politique, l'Europe n'a cessé de jouer un rôle négatif, on peut même dire nuisible, dans le conflit israélo-arabe ; elle a joué un rôle majeur dans la promotion de la cause palestinienne, elle est le foyer, dans pratiquement tous les pays, d'un renouveau marqué et inquiétant de l'antisémitisme. Le renforcement politique de l'Europe est donc un danger grave pour l'avenir d'Israël et la paix au Moyen Orient. Son antisionisme et son parti pris pro-arabe en seraient très fortement accrus.
Cet antisionisme est trop ancré pour qu'on puisse penser à un changement de politique. Pourquoi ?
- D'abord parce que l'Europe en son entier est le foyer premier et permanent de l'antisémitisme et ce depuis près de 1500 ans. L'Europe est imprégnée et nourrie par(...)
(la suite ici )
10:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

