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19/10/2006
Procrastination, mode d'emploi
Vous vous levez, le matin (mais parfois l'après-midi, car vous aimez rester éveiller la nuit, enveloppé d'un cocon noir). Il est neuf heures. Vous pensez que cette fois, vous allez vous y mettre. Vous prenez-votre petit-déjeûner (sans enthousiasme, vous n'avez jamais faim le matin -ni le midi ni le soir, d'ailleurs). Donc vous voilà avec votre bol de thé et une pile de speculoos (qui transforment le contenu de votre bol en un liquide tourbeux pour peu que vous n'aimiez les speculoos que trempés). Devant vous, un livre, un journal ou l'internet (pour moi c'est l'internet -je réserve le livre pour le lit).
Votre thé est refroidi depuis longtemps, vous fumez trop en passant d'un forum à un site intéressant (en ce moment, je n'arrive pas à décrocher du journal de James Kunstler). Et voilà, il est midi moins le quart.
(Vous avez pourtant reçu de bonnes nouvelles ces derniers jours : une proposition d'article pour un magazine de foot, deux contacts très bien placés dans le monde du journalisme, etc.)
Midi moins le quart...autant attendre l'après-midi, n'est-ce pas ? Ne dérangeons pas ces gens qui déjeûnent (de bon appétit, sûrement).
Vous vous sentez comme Milou, entouré de son ange blanc et de son diable rouge et à la fin, c'est toujours le diable qui gagne.
En fait, malgré votre sociabilité normale (vous avez des amis, une compagne, vous pouvez discuter le bout de gras avec votre marchand de journaux...) vous avez peur.
Peur de lire vos mails (va-t-on vous écrire un reproche ?)
Peur de faire à manger (va-t-on pouvoir finir le plat ?)
Peur d'ouvrir votre courrier (il y a surement des formalités administratives à remplir, ou des menaces d'huissiers, non ? depuis le temps que vous laissez courir lesdites formalités)
Peur de téléphoner à ces fameux contacts que vous avez obtenu dans un sursaut (je qualifierais la procrastination comme une normalité de limace entrecoupée de temps à autres par une volonté de lionne en chasse).
Vous imaginez la conversation avec ces contacts qui ont -peut-être- le pouvoir de vous ramener dans le monde merveilleux du boulot intéressant, du bon salaire à la fin du mois, de l'échappatoire au dyptique steack haché-riz / spaghettis-sauce bolognaire).
Non, je plaisante, en fait, vous n'osez même pas l'imaginer, la conversation. Chaque fois que vous y pensez, des images fugitives vous traversent l'esprit : bafouillage, oubli de vous présenter sous votre meilleur jour, gaffe sociale, conscience que ces gens ont du pouvoir et pas vous...
Nous y sommes, c'est le début de l'après-midi : vous avez mangé un peu vite, pourquoi pas une petite séance de lecture, suggère diable rouge ? Et c'est vrai, ce lit semble accueillant. Vous avez d'ailleurs les yeux qui picotent. Vous vous demandez pourquoi, puisque vous avez dormi les huit heures réglementaires.
Vous lisez.
Vers 15 heures, vous avez envie d'un autre thé. Et vous voilà retourné sur le bureau, le bol d'un côté, l'écran de l'autre et le clavier au milieu.
Tiens...ce clavier. N'auriez-vous pas quelque chose à écrire ? Votre journal ? Un essai ? Un roman ? Un mail tendre et corsé à votre compagne.
Et non, dès que vous y pensez, vos yeux repicotent.
Depuis que vous vous êtes levé, votre estomac est noué. C'est que vous avez des coups de fil importants à passer, bordel!
Ah ben oui, mais là, il est près de 16h30. Diable rouge vous conseille de remettre ça à demain matin. Bonne idée, il suffira de se leve tôt, toute la matinée devant soit.
Et le lendemain, ça recommence. C'est à se demander pourquoi vous prenez ces pilules chimiques Vous vous attendiez à quoi ? Qu'elles vous transforme en SuperTravailleur ? Allons...
****
Raphaël Juldé, malgré ce qu'il peut écrire, ne ressemble pas à ça. Il écrit son journal tous les jours, il écrit son deuxième roman, il sort tous les week-end (bon, d'accord, l'idée de passer une soirée au Ty-Koz m'excite à peu près autant que d'assister à une conférence sur l'avortement). Juldé n'est pas en état de procrastination avancée, il n'a tout simplement pas trouvé d'occupation lucrative qui lui plaise (i.e. un boulot intéressant).
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16/10/2006
Test : comment reconnaître un crétin?
Il existe une méthode infaillible pour cela. Demandez-lui de parler de la manière dont il voit le monde évoluer d'ici 2030.
Invariablement, le crétin vous dira que "la Chine va devenir une superpuissance".
C'est tout? Ben oui, c'est tout. Même pas besoin de lui demander ce qu'il pense de la globalisation, de la conquête de Mars ou des livres d'Alain Duhamel. Le crétin se reconnaît tout de suite dès qu'il parle de la Chine.
Pourquoi? Réponse lundi prochain.
05:28 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12/10/2006
Petite semaine dans le monde
RUSSIE : curieux comme la présomption d'innocence ne s'applique jamais aux ennemis du Dogme Médiatique. Ainsi, l'assassinat d'une journaliste russe libérale (représentant 3% de l'électorat), qui venait de sortir en France son fiel livresque sur le président russe, est-il attribué à demi-mot à Poutine.
Pourquoi dérange-t-il à ce point, Poutine?
BELGIQUE : on ne doit comparer une élection qu'à une élection du même type. A ce titre, le succès des nationalistes flamands est incontestable : +7%. Et c'est une excellente nouvelle. Pour la Flandres, je ne sais pas, mais pour la France, à coup sûr. Inévitablement, les succès du VB entrainement la disparition de ce monstre géopolitique qu'est la Belgique. Et qui c'est qui récuperera la wallonie et Bruxelles? mmm?
FRANCE : selon tous les sondages, Royal et Sarko fon ensemble autour de 70 %.
C'est impossible. PS et UMP ne représentent au plus qu'environ 50% des suffrages. Les deux favoris ont donc une ligne de flottaison autour de 25 %. Et la campagne ne peut que diminuer leur score. Il est donc probable que l'un des deux soit dépassé par Le Pen au premier tour. Réponse en avril.
QUESTION : dans quel pays paye-t-on le moins de taxes lorsqu'on achète de l'or?
02:08 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


