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31/03/2008
la vaseline du cerveau
2006, je m'enfonce, 2007, ça craque. J'ai vécu le pire moment de ma vie (oui, je sais y'en a qui ont la gueule de chantal sébire, d'autres qui crèvent en irak, excusez-moi, mais tout est relatif et nous réagissons tous en fonction de nos propres vies, même vous) et qui faisais-je? Rien.
Que ressentais-je ? Rien.
Pourquoi? Parce que je prenais deux vrais saloperies que sont le lexomil et le deroxat. Ah certes, je gueulais moins, j'étais moins tendu.
Un vrai petit toutou.
Physiologiquement c'est difficile à schématiser, mais disons que je me faisais enculer par moi-même (avec talent, je dois dire).
Ces deux médicaments m'ont juste rendu l'opération indolore. Vaseline du cerveau.
Je m'en rend compte maintenant (en fait j'y ai songé en rentrant des courses) parce que cela fait une semaine que je ne prend plus de lexomil. Et une sensation bénie, inattendue se produit, depuis quelques jours, une sensation que je n'arrivais pas à définir, jusqu'à ce soir.
J'ai mal.
Merci mon dieu, j'ai mal.
Je vais donc continuer l'opération, sans anesthésie, en stoppant progressivement le deroxat.
L'homme est un apprenti et la douleur est son maître.
Jusqu'ici, dans cette maxime, je songeais au "maître" comme à un équivalent de Klaus Barbie, du genre obéis, parce que.
Mais je me demande si ce maître ne pourrait pas être utile, en fait.
Certes, le jour ou professionnelement, j'ai l'opportunité d'agir, il est possible que l'absence de médicaments bloque mon clavier. Là, éventuellement, je pourrais replonger, mais uniquement le temps d'écrire.
Finalement ces médicaments ne sont pas que de la vaseline. Un masque aussi.
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