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21/04/2008

Brève histoire des courants politiques (4)

1791 : le roi se décide enfin à réagir. Las, il sera arrêté à Varnennes (je crois que Varnennes démontre que la Fatalité, Dieu ou le Destin voulait la réussite de la Révolution. Nul doute que si le roi avait passé Varennes, la Révolution aurait échoué).

Le roi de retour, le tout puissant parti jacobin se divise eux deux : les jacobins "historiques" qui conservent le nom du couvent ou ils tiennent leurs réunions, et une dissidence, nommée club des Feuillants, et qui est l'ancêtre du centre-droit : le parti "constitutionnel", c'est-à-dire ceux qui veulent une république couronnée avec un roi-potiche.

 

Résumons : le parti patriote (bourgeois et libéral) se retrouve repoussé à droite via Varennes. Il est exclu de son club d'origine, le club des Jacobins et se réfugie au club des Feuillants, réunissant les patriotes et les monarchiens.

D'un autre côté, l'aile avancée du club des jacobins profite de Varennes pour pousser vers la république. On peut dire que Varennes est le vrai acte de naissance du parti républicain, dont on peut constater, via ce résumé, les origines clairement bourgoises et libérales (d'ailleurs la loi Le Chapelier de 1791 interdira férocement tout syndicat ouvrier). Ce parti, minoritaire en France, s'imposera via des factions des faubourgs parisiens.

 

Mais certains veulent aller plus vite, plus loin. Ces républicains, moins bourgeois, se regrouperont au club des cordeliers. Les Cordeliers sont clairement les ancêtres du parti radical.

 

Ainsi, dès 1791, nous avons les trois grands partis qui vont dominer la vie politique durant un siècle : le parti libéral (feuillants), le parti républicain (jacobins) et le parti radical (cordeliers).

 

L'ASSEMBLEE LEGISLATIVE

Elle se réunit à l'automne 1791. La majorité est constituée par le parti républicain et par le centre. Le parti jacobin est dominé par des figures venant de Bordeaux, d'ou leur surnom de girondins (ainsi, contrairement à une vieille légende, on peut très bien être jacobin et girondin puisque c'est la même chose!).

Pour imposer la république (puisque les Français n'y semblent pas très attachés), ils ne voient pas d'autre solution que de la fonder sur le sang. Par la guerre. Louis XVI, pour une raison de tactique, se rallie au point de vue girondin et la guerre est déclarée en avril 1792.

Elle durera 23 ans et fera un million et demi de morts, autant que 14-18 pour une population d'à peine 25 millions d'âmes (contre 40 millions en 1914).

 

LA CONVENTION

Craignant une "trahison" de Louis XVI, la commune de Paris (dominée par le parti radical des cordeliers, dont Danton était le chef) exécute un coup d'Etat, emprisonne Louis XVI. On décide de remplacer l'assemblée législative par une Convention nationale, qui serait élue au suffrage universel masculin.

Mais sur 7 millions d'électeurs potentiels, seuls...600 000 électeurs se déplacèrent! Dont bien évidemment une majorité de bourgeois. Par cette abstention massive et via la dictature, le parti libéral constitutionnel était rayé de la carte. A la Convention, il n'y a que des jacobins.

Et bien entendu, il était fatale qu'une assemblée ou ne règne qu'un seul parti se divise en tendances. D'un côté les girondins, souvent provinciaux, répugnant à l'extrémisme de la violence et à la démagogie des factions parisiennes. De l'autre, les montagnards, républicains absolus, souvent parisiens. 

Il n'est pas question ici de résumer l'histoire de la Révolution. Disons juste que la Convention siégeant à Paris, il n'était pas difficile pour les montagnards d'intimider les députés via les spectateurs présents. En juin 1793, la majorité passe aux montagnards.

 

Que sont idéologiquement ces deux partis?

Même si la réalité ne les montre pas aussi modérés et décentralisateurs qu'on l'a dit, c'est souvent la légende qui prime sur la réalité. Ainsi, les girondins survivront-ils dans le parti républicain d'Hugo et Lamartine, en 1848 ou dans la Gauche Républicaine de Jules Ferry.

Les montagnards eux seont revendiqués par les républicains parisiens et par les républicains radicaux (ce sont souvent les mêmes, mais pas toujours)

 

A gauche des montagnards, on distingue les cordeliers de Danton (indulgents) et les cordeliers d'Hebert (hébertistes). Encore plus à gauche, les enragés (Jacques Roux) et les babouvistes. Les babouvistes, les enragés et les hébertistes sont les ancêtres de l'extrême-gauche trotskyste actuelle. Mais leur idéologie les distingue du socialisme français, moins parisien, plus ouvriériste, moins athée, moins violent et plus nostalgique.

 

Les montagnars "purs", c'esr-à-dire les jacobins républicains de Robespierre élimineront successivement indulgents, hébertistes et enragés. Mais la plaine (le centre) prendra peur des conséquences sans fin de la Terreur et liquidera le parti républicain jacobin. C'est la réaction thermidorienne.

Thermidor est la revanche de l'aile girondine du vieux parti jacobin. D'inspiration libérale, elle réprimera dans la violence les insurrections royalistes (ou plus précisément aristocratistes) aussi bien que montagnardes. C'est la posture traditionnelle du parti libéral, avec son mot d'ordre "ni révolution, ni réaction" (mais ils oublient toujours d'ajouter "...mais conservation de l'ordre libéral républicain").

Ce parti thermidorien créera le Directoire et sera incapable de gouverner le pays. Les Français veulent de l'ordre et un chef, mais sans perdre les droits acquis durant la Révolution. Alors, ni roi ni convention ? Qui peut bien faire l'affaire ?

Réponse : ce courant politique vieux comme l'antique, inventé en Grèce mais connu par César : le césarisme, c'est-à-dire un pouvoir populaire personnel et autoritaire. Le bonapartisme peut advenir. Le bonapartisme :  cinquième larron (après les aristocrates, les libéraux, les républicains et les radicaux) des partis qui vont dominer le siècle qui vient.

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