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25/04/2008

Brève histoire des courants politiques (6)

1830 : la bourgeoisie libérale est couronnée. Elle a enfin un chef d'Etat (descendant direct du sinistre Philippe-Egalité, l'Orléans qui a voté la mort de Louis XVI et financé les débuts de la Révolution - d'ailleurs les émeutiers qui ont attaqué la Bastille sont partis de son QG : le palais royal) qui pense comme elle : Louis-Philippe, "roi des Français", qui, selon les mots d'Adolphe Thiers, "règne mais ne gouverne pas".

Les faits seront toutefois un peu différents. Louis-Philippe sera plus dirigiste que ne l'auraient souhaité les orléanistes de gauche (le "parti du mouvement" à la Chambre, dont les chefs sont Odilon Barrot et Adolphe Thiers). Ceux-là ne remettent pas en cause la politique du gouvernement (même si l'ultralibéral Frédéric Bastiat, théoricien et promoteur du libre-échangisme intégral souhaite aller encore plus loin dans la voie du libéralisme économique -notons au passage que Bastiat siège à l'extrême-gauche, preuve du lien démontré par Michéa entre Gauche et Libéralisme).

Les orléanistes de gauche souhaitent aussi une politique étrangère plus favorable au principe des nationalités, qui, selon eux, s'oppose au principe monarchique et divin.

Les orléanistes de droite se regroupent au sein du parti de la Résistance, dont les leaders sont Guizot et Casimir Perier. Pour eux, le fin du fin du désirable politique a été atteint. Pourquoi changer  ?

 

Or de la Chambre subsistent les débris de l'Opposition : les vieux Républicains (Lamartine, Ledru-Rollin, Cavaignac, peut-être aussi Stendhal), les socialistes, encore peu connus (Pierre Leroux, Proudhon, Blanc, Barbès, Blanqui) sauf dans les villes et les centres industriels, les bonapartistes (avec Louis-Napoléon Bonaparte, qui tente deux coups d'Etat et retrouve le bonapartisme populaire de 1815 en écrivant l'extinction du paupérisme), et les légitimistes (La Rochejacquelein, Beyrrier, Chateaubriand, et surtout Balzac), qui profiterons de l'orléanisme triomphant pour se rapprocher (trop peu, hélas) des couches populaires.

 

Les divers changements ministériels, les événements (rares) de poliltique étrangère, ne modifient pas grand-chose à ce jeu à six, qui durera jusqu'en février 1848.

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