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13/05/2008
Un roi calomnié : le Shah d'Iran
Que de conneries n'a-t-on pas écrit sur Mohammad Reza Palhavi, dernier roi d'Iran ! Agent des Américains, tortionnaire, monarque éloigné de son peuple, que sais-je encore!
Tortionnaire ? Il est vrai que le régime n'était pas tendre avec les membres du parti communiste iranien ou les islamistes de Khomeyni, mais ceux-ci l'eurent-ils été s'ils avaient pu conquérir le pouvoir ? Non.
Agent des Américains ? Certes, la CIA remit le Shah sur le trône et vira le premier ministre nationaliste Mossadegh en 1953 (celui-ci avait commis le crime de nationaliser l'industrie pétrolière).
Mais ce qu'on oublie toujours c'est que Reza Shah n'est PAS REVENU SUR CETTE NATIONALISATION. La seule différence avec l'ère pré-Mossadegh est que les Anglais ont été privé de leur monopole sur les royalties du pétrole iranien au profit des Américains et des Français. Mais l'essentiel des revenus est entré dans la poche de l'Iran. Preuve incontestable que le Shah n'était pas l'agent des Américains -qui l'ont laissé tomber en 1978, sans doute furieux de l'accord de paix qu'il venait de signer avec l'Irak de Saddam Hussein et de l'industrialisation remarquable du pays. Deux nations (Irak et Iran) musulmanes qui se développent, cela ne pouvait que déplaire à Israel et aux USA.
Monarque éloigné du peuple? C'est oublier la glorieuse révolution blanche. Je cite ici wikipédia (j'ai vérifié qu'ils ne disaient pas de conneries)
Le Chah voulait que ces réformes soient une régénération non-violente de la société iranienne à travers des réformes économiques et sociales, avec pour objectif à long terme de transformer l'Iran en une puissance économique et industrielle mondiale. Le Chah introduisit des concepts économiques novateurs comme la redistribution des profits aux ouvriers et initia des projets d'industrie lourde financés par le gouvernement, ainsi que la nationalisation des forêts et des pâturages. Le plus important, cependant, était la réforme agraire qui fit perdre aux grands propriétaires terriens la plupart de leur influence et de leur pouvoir. Socialement, la Révolution Blanche accorda plus de droits aux femmes et permit d'injecter des fonds dans l'éducation, particulièrement dans les zones rurales.
le Shah nomme Ali Amini premier ministre. Amini, un riche propriétaire terrien ainsi qu'un membre de l'administration de longue date est connu pour être un partisan de la réforme. Il reçoit un mandat spécial de la part de Mohammad Reza Shah afin de dissoudre le parlement et de légiférer par décrets pendant six mois.
Amini décide alors de desserrer le contrôle de la presse, de réautoriser le Front National et d'autres partis politiques, et ordonnent l'arrestation d'un certain nombre de membres de l'administration accusés de corruption. Le gouvernement met aussi en place le troisième Plan de développement (1962 - 1968) et met en place un programme afin de réorganiser le service civil. Enfin, en janvier 1962 intervient la mesure la plus importante du gouvernement Amini: une réforme agraire.
Cependant, le gouvernement Amini a rencontré de nombreux problèmes. Tout d'abord, la façon indépendant d'agir du premier ministre est ressentie comme un défi à l'autorité royale. De plus, les mesures d'économies et d'assainissement budgétaire nécessaires qui avaient été décidées intensifient la récession et font augmenter le chômage. Cette récession cause de nombreux mécontentements dans les communautés du bazar, qui sont la base du commerce en Iran. Le Shah refusant de réduire le budget militaire et les États-Unis arrêtant leur soutien au gouvernement, le gouvernement Amini doit alors se justifier d'un important déficit budgétaire. Ces problèmes le feront démissionner en juillet 1962.
Amini est remplacé par Asadollah Alam, à qui Mohammad Reza Shah accorde toute sa confiance. S'appuyant sur la confiance acquise auprès de tous par le programme de redistribution des terres, le Shah organise un référendum en janvier 1963 par lequel il soumet six mesures à l'approbation du peuple:
- la réforme agraire,
- le partage des profits industriels par les ouvriers du secteur privé,
- la nationalisation des forêts et des pâturages,
- un amendement de la loi électorale permettant une représentation plus large des employés et des fermiers,
- la vente de certaines usines nationalisées afin de financer la réforme agraire,
- la création du Sepah-e Danesh, un nouveau corps regroupant les hommes et les femmes faisant leur service civil qui sont destinés à aller dans les villages pour alphabétiser la population.
Le Shah appelle cette réforme la Révolution Blanche et annonce une majorité en faveur de ce programme de 99 %. En plus de ces réformes, le Shah annonce en février 1963 l'extension du droit de vote aux femmes.
Ces mesures ont accordé au gouvernement un soutien considérable parmi certains secteurs de la population, mais elles ne traitaient pas dans l'immédiat des raisons de tensions sociales. Les conditions économiques étaient en fait toujours aussi difficiles pour les classes les plus pauvres. De plus, de nombreux chefs religieux se sont opposés au droit de vote accordé aux femmes, à la réforme agraire et à l'extension du pouvoir royal qu'impliquait la réforme (le clergé était depuis longtemps un très grand propriétaire terrien et possédait un pouvoir certain en Iran, en particulier sur le plan judiciaire).
En Juin 1963, l'Ayatollah Sayyid Rouhollah Mousavi Khomeini, un dirigeant religieux de Qom, est arrêté après un discours haineux dans lequel il attaquait directement le Shah : trois jours d'émeutes dans tout le pays s'en suivent, les plus violentes depuis la chute de Mossadegh une décennie auparavant. Le Shah réprimera violemment ces émeutes et le gouvernement aura en apparence triomphé de ses opposants.
Le puissant clergé chiite était mécontent de voir que les réformes leur enlevaient la plupart de leurs pouvoirs traditionnels dans les domaines de l'éducation et des lois familiales, mais aussi que leur forte influence dans le milieu rural se trouve diminuée. Bien que la Révolution Blanche contribua grandement à l'avancement économique et technologique de l'Iran, les ratés du programme de réforme agraire et le manque certain de réformes démocratiques, ainsi que l'opposition à la révolution blanche du clergé et des propriétaires terriens, contribuerait à la chute du Shah pendant la révolution iranienne en 1979.
Mohammad Reza Shah Pahlavi, l'Iran te méritait-il ?
On a enfin reproché au monarque d'avoir éloigné le peuple des célébrations fastueuses du 2500e anniversaire de la monarchie iranienne. Cette accusation ne repose sur aucune preuve. Pire : les obscurantistes au pouvoir après 1979, par haine du passé national, essaieront de...détruire les vestiges de la cité de Persépolis! Heureusement, les habitants du lieu empecheront cette barbarie.
Reste que la révolution de 1978 montre encore une fois un monarque réformateur, soucieux de progrès social et de prestige national renversé par une clique manipulant le peuple, comme en 1789 (France), 1917 (Russie), 1975 (Cambodge, Ethiopie).
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