28/05/2008

bilan légèrement scato

Bien, bien, bien...

 

Pas de notes depuis deux semaines, il faut dire que j'ai connu la plus angoissante des épreuves : la krach informatique. Je vous passe les détails, mais l'essentiel est sauvé.

 

Depuis, je lis, notamment le génie de la France, de Paul-Marie Couteaux, un de nos (vrais) intellectuels. Ce livre est une recherche du soubassement philosophique de la pensée du Général de Gaulle. Selon Couteaux (et je partage son avis), le nationalisme du Général se fonde sur l'essentialisme platonicien, contre le panta rei (les choses changent tout le temps, on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve, etc.) d'Héraclite.

En gros, si De Gaulle a su dès juin 40 que l'Allemagne perdrait la guerre, c'est parce qu'il supposait que l'Allemagne serait l'Allemagne et que donc elle voudrait envahir la plaine russe. Il se fonde donc sur une nature allemande

 

Je sais, vous qui n'êtes pas des habitués de la pensée gaullienne, vous allez dire que ma demonstration est un peu courte. Et ô combien vous aurez raison !

 

Mais je suis incapable de faire mieux pour l'instant. L'arrêt des tranquilisants et autres neuroleptiques produit son effet : un estomac noué comme jamais, une envie de pleurer récurrente et une peur panique (paralysante) d'agir. Il m'a ainsi fallu toute la journée avant de me décider à ramener au distributeur un DVD que j'avais loué vendredi dernier. De même, mon coeur battait à l'idée d'aller retirer 300 euros pour payer les trois mois de loyer que je dois. Peur de quoi? En gros, que le distributeur me signale l'erreur fatale : "vous avez dépassé le montant autorisé".

Heureusement, il n'en a rien été, et je pourrai payer mon loyer demain. Mais mon ventre est toujours noué. J'ai passé la journée alternant siestes en sueur et séances sur les toilettes à essayer de dégorger mes boyaux. Résultat des courses : peu de matière, mais beaucoup d'air.

 

Et pourtant, ce soir, j'ai toujours la sensation que mon ventre est contracté.

 

On m'a dit une fois que j'avais l'attitude d'une personne crevant de faim devant une table debanquet croulant de victuailles (j'aime ce mot moyenâgeux). C'est pas faux.

Pour l'instant, la table de banquet, c'est un article que je dois faire pour une revue gaulliste, une recension pour un site soralien, une possibilité d'emploi plutôt sérieuse dans un magazine écolo, des contacts dans l'édition jeunesse pour un roman d'aventure (fini depuis 2004! j'en tremble rien qu'a évoquer ces quatre années!), l'amie d'un parent qui travaille dans le documentaire.

Et j'en oublie!

Bref, cul botté, je crois que je pourrais facilement me mettre à table. Mais j'éprouve une sensation d'irréalité devant ces possibilités. La vie est là, peut-être, mais peut-être n'est pas assez pour l'abruti que je suis, je voudrais que ce soit sûr

Et comme ça n'est pas sûr, je rejette la vie et la repousse, restant dans les limbes, pour ne pas dire la mort.

 

Mais le pire est que l'écriture n'est pas une thérapie. Je suis un homme d'une lucidité rare. Je connais la situation, je connais la solution. Je sais même que pour prendre part à ce banquet il faut d'abord que je me décide une bonne fois pour toute à savoir ce que je veux faire de ma vie (et pour cela, l'écrire, mais surement pas sur un blog). 

J'ai toutes les cartes, et je passe, je passe, je passe depuis six années.  

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